Par la Rédaction de Globe infos.
Libreville, le 27 mars 2026. L’heure est à la « transformation structurelle ». En recevant le PDG du groupe burkinabè EBOMAF ce 25 mars, le président Gabonais Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA a réaffirmé son crédo : faire de la route le moteur de la croissance. Entre enjeux de désenclavement et impératifs de rigueur, décryptage d’une stratégie qui se veut décisive.
Le temps de l’accélération.
Le Palais Rénovation de Libreville a été le théâtre d’une séance de travail cruciale pour l’agenda économique du Gabon. Le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, entouré du Ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, a fait face à Mahamadou Bonkoungou, figure de proue des infrastructures en Afrique de l’Ouest et centrale avec sa société EBOMAF.
L’objectif est clair : sortir de la phase de planification pour entrer dans celle de la livraison. Alors que le pays amorce un virage vers une diversification économique accrue, le réseau routier reste le « nerf de la guerre ».
Le Chef de l’État n’a pas seulement fait le point ; il a impulsé une accélération soutenue, marquant sa volonté de ne plus tolérer les glissements de calendrier.
La cartographie du changement : Ngounié et Ogooué-Maritime en première ligne
Les chantiers évoqués ne sont pas de simples rénovations, mais des axes de pénétration stratégiques totalisant plus de 450 kilomètres de bitume.
Les axes prioritaires en cours :
| Tronçons | Distance | Enjeu stratégique |
| Lebamba – Mbigou | 86 km | Désenclavement de la Ngounié profonde |
| Mbigou – Malinga – Molo | 124 km | Connexion frontalière et fluidité rurale.
| Yombi – Carrefour Rabi | 125 km | Accès aux zones d’exploitation pétrolière |
| Rabi – Omboué | 119 km |Tourisme et intégration de l’Ogooué-Maritime
L’enjeu est triple : économique, en réduisant drastiquement les coûts logistiques pour les producteurs locaux ;
social, en facilitant l’accès aux services de santé et d’éducation ;
et politique, en matérialisant la promesse d’une « félicité » partagée sur l’ensemble du territoire.
Qualité et rigueur : La fin de l’amateurisme ?
Le message présidentiel a été assorti d’une mise en garde voilée mais ferme sur la qualité des ouvrages. Trop souvent, par le passé, les infrastructures africaines ont souffert de dégradations précoces dues à un suivi défaillant.
Pour pallier cela, Libreville annonce :
* Une mission technique dédiée pour un contrôle permanent.
* Un renforcement de la présence terrain des équipes ministérielles.
* Le respect strict des délais contractuels, condition de la « crédibilité de l’action publique ».
« La route ne doit plus être un simple ruban de bitume, mais un actif durable garantissant la souveraineté économique du pays. »
Coopération Sud-Sud : Le choix du partenaire EBOMAF
En confiant ces chantiers d’envergure au groupe de Mahamadou Bonkoungou, le Gabon consolide sa doctrine de coopération Sud-Sud. Ce choix témoigne de la confiance placée dans l’expertise continentale pour répondre aux défis locaux. C’est également un signal envoyé aux investisseurs : le Gabon privilégie désormais des partenaires capables de mobiliser rapidement des ressources techniques et matérielles sur des terrains parfois complexes.
Un pari sur l’avenir
En faisant de la Ngounié et de l’Ogooué-Maritime les laboratoires de cette accélération, Brice Clotaire Oligui Nguema joue une partition serrée. Si les délais sont tenus et la qualité au rendez-vous, ces infrastructures deviendront le socle d’un Gabon émergent, moins dépendant de la seule capitale et plus intégré à son arrière-pays.
L’opinion publique, elle, attend de voir si le bitume suivra la cadence des discours officiels.

