Par la rédaction de Globe infos.
Libreville le 07 Avril 2026. Sous les voûtes de la Chambre de commerce de Libreville, l’effervescence est palpable. Depuis le 7 avril 2026, la capitale gabonaise vibre au rythme de la deuxième édition du Salon du livre de jeunesse. Entre plaidoyers politiques et rêves d’enfants, cet événement s’impose comme le nouveau carrefour de l’intelligence africaine.
Un plaidoyer vibrant pour l’accès au savoir
L’ouverture de cette biennale a été marquée par une voix singulière. Du haut de ses 10 ans, Rêve Divine Mihindou, élève en classe de 5ᵉ année, a captivé l’auditoire. Pour cette jeune oratrice, la lecture dépasse largement le cadre scolaire. Elle définit l’acte de lire comme un outil pour interroger le monde et se construire soi-même.
Pourtant, le constat reste lucide. La jeune fille a lancé un appel direct aux autorités gabonaises. Elle réclame notamment une multiplication des bibliothèques de quartier. En outre, elle plaide pour une réduction significative du prix des ouvrages. Selon elle, une jeunesse consciente ne peut naître que si le livre devient un objet du quotidien, accessible à tous les budgets.
La littérature comme socle de l’identité nationale
Au cœur des débats, la célèbre écrivaine Justine Mintsa a apporté une profondeur académique à l’événement. Pour ce membre influent du comité d’organisation, la littérature est bien plus qu’un divertissement. Elle représente le vecteur privilégié de la culture d’un peuple.
« La littérature est l’objet culturel par excellence », a-t-elle affirmé avec force.
S’appuyant sur les concepts aristotéliciens, elle a rappelé la double mission de l’écrivain : instruire et émerveiller. Elle invite les auteurs du continent à produire des œuvres enracinées dans les réalités locales.
L’objectif est clair. Il s’agit de permettre aux jeunes Gabonais de se reconnaître dans leurs lectures, tout en valorisant les langues et les traditions ancestrales.
Le livre jeunesse : un laboratoire pour l’avenir
Enfin, la parole a été donnée aux éditeurs, piliers de cette industrie en pleine mutation. Sylvie Ntsame, figure de proue de l’édition au Gabon, voit dans le livre jeunesse un véritable « laboratoire d’idées ». Selon elle, les pages des livres permettent d’anticiper les grands défis de notre siècle.
Plusieurs thématiques urgentes sont ainsi abordées dans les allées du salon :
* La préservation de l’environnement et de la biodiversité.
* La lutte pour la justice sociale et l’égalité.
* La promotion de la diversité culturelle africaine.
Jusqu’au 11 avril, le Salon du livre de jeunesse de Libreville continuera de tracer les contours d’une société plus éclairée. Dans un monde de plus en plus numérique, le Gabon fait ici le pari audacieux du papier pour former ses futurs bâtisseurs.

