Au ministère des Mines, une signature à forte portée stratégique
Par la rédaction de Globe infos 
Vendredi 15 mai, dans la salle de réunion du 9e étage du ministère des Mines à Libreville, le gouvernement gabonais a franchi une étape majeure dans la transformation de son secteur extractif en procédant à la signature de la convention minière du projet de fer de Milingui avec Havila Mining Gabon. Portée par le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, cette avancée stratégique concrétise la vision du président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema de faire du secteur minier un levier central d’industrialisation, de souveraineté économique et de création d’emplois. Après près de neuf années d’exploration, le projet entre désormais dans sa phase opérationnelle avec, en ligne de mire, l’exploitation de 35 millions de tonnes de minerai à haute teneur (DSO) et l’ambition de repositionner durablement le Gabon parmi les futurs acteurs majeurs du fer en Afrique centrale.
En effet, la cérémonie, organisée en présence de plusieurs membres du gouvernement, marque un tournant décisif pour le secteur extractif national. Au-delà d’un simple acte administratif, cette signature traduit surtout la volonté des plus hautes autorités gabonaises de faire du secteur minier un pilier stratégique de la diversification économique et de la souveraineté industrielle du pays.
« Un vendredi particulier pour le secteur minier gabonais »
Prenant la parole devant la presse, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a insisté sur la portée historique de cette signature.
« C’est un vendredi assez particulier, non seulement pour le secteur minier gabonais, mais également pour l’événement que nous avons eu aujourd’hui, celui de procéder à la signature de la première convention de fer qui va entrer en exploitation », a déclaré le membre du gouvernement.
Le ministre a rappelé que cette convention concerne le projet d’exploitation du gisement de fer de Milingui par Havila Mining Gabon. Selon lui, cette avancée est l’aboutissement d’un long processus technique et administratif conduit en étroite collaboration avec les autorités gabonaises.
Pendant près de neuf années, l’entreprise a mené des travaux d’exploration et de recherche afin de circonscrire le potentiel minier du site. Une phase décisive avant le passage à l’exploitation industrielle.
« Le ministère a accompagné cet opérateur pendant pratiquement neuf ans pour aboutir à ce projet », a précisé Sosthène Nguema Nguema.
Après l’octroi du permis d’exploitation et la signature du décret instituant officiellement le projet de Milingui, la convention minière constituait donc l’ultime étape juridique avant le démarrage opérationnel des activités.
Havila Mining annonce un gisement estimé à 500 millions de tonnes
De son côté, le directeur général de Havila Mining Gabon, le Dr Kamga Gabriel, a présenté les grandes lignes techniques du projet ainsi que les ambitions industrielles de l’entreprise.
Selon lui, les campagnes d’exploration menées durant près d’une décennie ont permis d’estimer le potentiel du gisement à environ 500 millions de tonnes de fer.
« Nous avons passé presque neuf ans dans les études et les travaux d’exploration pour développer la mine de Milingui. Cela n’a pas été très facile », a-t-il expliqué.
Le responsable de Havila Mining Gabon a également indiqué qu’une première phase d’exploitation concernera environ 35 millions de tonnes de minerai à haute teneur, connu dans l’industrie minière sous l’appellation DSO (Direct Shipping Ore).
Cette catégorie de minerai présente l’avantage de pouvoir être exportée et commercialisée avec peu de transformation préalable, ce qui permet généralement une mise en exploitation plus rapide.
Par ailleurs, l’entreprise prévoit d’inaugurer son usine d’exploitation dès le mois de novembre prochain, conformément au calendrier présenté aux autorités gabonaises.
Plus de 1 500 emplois annoncés dans la première phase
Au-delà des enjeux industriels, le projet Milingui cristallise également de fortes attentes sur le plan social et économique.
Interrogé sur la question de l’employabilité des Gabonais, le directeur général de Havila Mining Gabon a annoncé la création progressive de plusieurs centaines d’emplois directs et indirects.
Dans une première phase, le projet devrait générer environ 530 emplois directs ainsi que près de 1 000 emplois indirects.
Ensuite, après deux à trois années d’exploitation, les effectifs pourraient atteindre près de 830 emplois directs et environ 2 000 emplois indirects.
Ces annonces interviennent alors que les autorités gabonaises multiplient les appels en faveur d’un contenu local plus renforcé dans les grands projets miniers et industriels.
L’objectif affiché par Libreville consiste désormais à faire émerger une véritable expertise nationale capable d’accompagner durablement l’industrialisation du secteur extractif.
Le fer, nouveau levier de la stratégie économique gabonaise
À travers le projet Milingui, le Gabon confirme sa volonté de repositionner le secteur minier comme un moteur central de croissance économique.
Longtemps dominé par l’exploitation du manganèse, le paysage extractif gabonais connaît aujourd’hui une phase de diversification stratégique portée par le développement du fer.
Les autorités gabonaises souhaitent désormais transformer localement une partie plus importante des ressources minières, renforcer la création de valeur sur le territoire national et réduire progressivement la dépendance aux exportations brutes.
Cette orientation s’inscrit dans une vision plus globale de souveraineté minière défendue par les plus hautes autorités du pays.
À travers cette politique, Libreville ambitionne de bâtir une industrie minière plus intégrée, créatrice d’emplois, d’infrastructures et de revenus durables pour l’économie nationale.
Milingui ouvre une nouvelle séquence pour le secteur extractif
Avec la signature officielle de cette convention minière, le projet Milingui entre désormais dans sa phase opérationnelle.
Pour le gouvernement comme pour l’opérateur, cette avancée symbolise l’ouverture d’une nouvelle séquence pour l’industrie extractive gabonaise.
Dans les mois à venir, les regards resteront tournés vers le démarrage effectif des activités, la concrétisation des engagements industriels ainsi que les retombées économiques promises pour les populations.
Car au-delà des annonces et des projections, le véritable défi sera désormais de transformer le potentiel minier du Gabon en richesse durable, en emplois qualifiés et en levier concret de développement national.
Dans un contexte international marqué par une forte demande en minerais stratégiques, Libreville entend désormais accélérer la mise en valeur de son potentiel ferrifère tout en renforçant les retombées économiques locales.

