NDjolé : après l’accident de Bingoma, la question sensible des visites techniques refait surface

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NDjolé : un camion finit sa course dans une maison à Bingoma et relance le débat sur les visites techniques.

Par la rédaction de Globe infos 

Libreville, le 25 Mai 2026. Un dimanche de Pentecôte marqué par la peur

Le quartier Bingoma, à NDjolé, a vécu un violent réveil ce dimanche de Pentecôte. Vers 7 heures du matin, un camion de type Canter transportant des marchandises a percuté une habitation familiale après avoir perdu le contrôle dans une montée.

Le choc a secoué tout le voisinage. Réveillés par un bruit assourdissant, les occupants de la maison ont quitté précipitamment les lieux dans la panique. L’accident a fait une blessée et causé d’importants dégâts matériels. Toutefois, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.

Très vite, plusieurs habitants se sont rassemblés autour de la maison endommagée. Beaucoup peinaient encore à croire à la violence de l’impact.

Une route inachevée pointée du doigt

Selon les premières informations, le chauffeur aurait rencontré des difficultés en tentant de gravir une colline du quartier. La route concernée reste inachevée malgré des travaux de pavage engagés depuis plusieurs mois.

Dans cette zone vallonnée de NDjolé, les poids lourds circulent souvent dans des conditions difficiles. Les riverains dénoncent régulièrement l’état dégradé de certains axes urbains. Pour eux, cet accident reflète surtout les limites des infrastructures routières locales.

« Les camions peinent souvent à monter ici. Nous vivons avec cette peur chaque jour », confie un habitant du quartier Bingoma.

Cet accident remet donc la question routière au centre des préoccupations locales. À NDjolé, plusieurs habitants réclament désormais l’achèvement rapide des travaux afin de sécuriser cette portion de route.

Le débat sur les visites techniques ressurgit

Au-delà de l’état des routes, l’accident soulève aussi une autre interrogation : le camion impliqué présentait-il toutes les garanties mécaniques nécessaires pour circuler ?

Dans les discussions, de nombreux habitants évoquent désormais la question des visites techniques. Plusieurs s’interrogent sur les conditions dans lesquelles certains véhicules obtiennent leurs certificats de conformité.

Au Gabon, des centres agréés assurent les contrôles techniques des véhicules sous la supervision des autorités compétentes du secteur des transports. Ces contrôles doivent vérifier plusieurs éléments essentiels : les freins, les pneus, la direction, l’éclairage ou encore l’état général du véhicule.

En principe, un camion présentant de graves défaillances mécaniques ne devrait pas recevoir de validation technique.

Des contrôles parfois contestés

Depuis plusieurs années, des voix dénoncent pourtant des contrôles jugés trop permissifs. Certains acteurs du transport évoquent même l’existence de « visites techniques de complaisance ».

En 2024, des syndicats du secteur des transports avaient déjà alerté sur des irrégularités présumées dans certains centres de contrôle technique. Ils dénonçaient notamment des équipements vieillissants et des validations accordées sans vérifications rigoureuses.

Ces critiques alimentent aujourd’hui les interrogations après l’accident de Bingoma. Pour plusieurs habitants, un véhicule lourd correctement entretenu ne devrait pas perdre le contrôle aussi facilement, même sur une route difficile.

Une question de sécurité publique

À NDjolé, cet accident ravive donc deux débats majeurs : celui des infrastructures routières et celui de la fiabilité des contrôles techniques.

Dans plusieurs localités gabonaises, les routes inachevées compliquent déjà fortement la circulation. Lorsque des véhicules anciens ou mal entretenus s’y ajoutent, les risques augmentent rapidement.

Pour de nombreux observateurs, la visite technique ne doit plus être une simple formalité administrative. Elle représente un outil essentiel de prévention des accidents et de protection des populations.

À Bingoma, les habitants restent encore sous le choc. Beaucoup considèrent aujourd’hui que l’absence de morts relève presque du miracle. Mais derrière le soulagement demeure une inquiétude profonde : combien d’accidents faudra-t-il encore avant une véritable amélioration des routes et des contrôles techniques au Gabon ?

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