Par la rédaction de Globe infos.
Libreville, le 30 mai 2026. L’Alliance Patriotique passe à la vitesse supérieure. Réunis en congrès ordinaire ce samedi à leur quartier général de Nzeng-Ayong, dans le 6ème arrondissement de Libreville, les lieutenants et militants du parti ont choisi le renouvellement par la stabilité. Au terme d’un scrutin interne inédit et disputé, le Premier ministre Raymond Ndong Sima a été reconduit à la présidence. L’ambition est désormais claire : structurer la machine politique pour quadriller le pays avant le grand rendez-vous de 2030.
Duel démocratique et ferveur militante à Nzeng-Ayong
L’ambiance des grands jours flottait ce samedi sur le complexe de Nzeng-Ayong. Dès l’aube, des centaines de militants venus des quatre coins de la capitale, drapeaux et chants en tête, ont donné des couleurs à ce rendez-vous crucial. Après les accolades des retrouvailles et l’installation des cadres, le Secrétaire Général a donné le ton dans un discours d’ouverture sans langue de bois.
Le président fondateur a ensuite pris brièvement la parole pour lancer les travaux en commissions, appelant chacun à s’investir pleinement. Mais le véritable clou du spectacle restait l’élection à la présidence de la formation. Loin des plébiscites monolithiques traditionnels, Raymond Ndong Sima faisait cette fois face à deux concurrents déterminés. C’est donc à la régulière, après un vote transparent et de longs débats, que le chef du gouvernement a obtenu la confiance renouvelée de sa base.
Le grand inventaire de l’après-transition
Ce congrès ne doit rien au hasard du calendrier. En effet, la transition politique au Gabon s’est officiellement refermée le 5 mai 2025 avec la mise en place des institutions républicaines définitives. Pour l’état-major de l’Alliance Patriotique, ce retour complet à l’ordre constitutionnel exigeait un inventaire lucide du chemin parcouru.
Entre le Dialogue National Inclusif, la bataille pour la nouvelle Constitution et les joutes électorales, le parti a pesé de tout son poids durant la transition. Pourtant, les résultats en demi-teinte des législatives et locales du 27 septembre 2025 ont servi d’avertissement. Face aux militants, la direction n’a pas caché qu’il fallait digérer les leçons du passé pour ne plus trébucher et transformer les essais manqués en victoires futures.
Un coup de jeune pour les textes et une boulimie territoriale
Pour exister durablement sur l’échiquier politique gabonais, le parti devait aussi se plier aux nouvelles exigences de la loi, qui accordait un an aux formations pour se mettre en conformité. Les congressistes ont donc profité de l’occasion pour dépoussiérer les statuts de fond en comble. Les règles du jeu concernant les adhésions, les démissions et surtout le choix des candidats aux élections ont été totalement verrouillées et clarifiées.
Créée en 2018 et officiellement reconnue par l’obtention de son récépissé en 2023, la jeune formation politique montre une sacrée ambition
pour sa croissance. Forte de ses 3 822 adhérents actuels, l’Alliance Patriotique ne compte plus se limiter à ses bastions actuels répartis sur 6 des 9 provinces du Gabon. La feuille de route adoptée ce samedi prévoit une campagne d’enrôlement agressive pour implanter des cellules opérationnelles dans l’ensemble des 52 communes et 48 départements du pays.
Objectif 2030 : la reconstruction est lancée
« Le monde change, les aspirations du peuple évoluent, et notre Parti doit s’adapter pour vaincre », a rappelé avec insistance le Secrétaire Général face à des militants survoltés.
En remuant les fondations de sa maison ce samedi, l’Alliance Patriotique refuse de jouer les simples figurants ou les forces d’appoint. En replaçant Raymond Ndong Sima au centre du jeu, les congressistes font le pari de l’expérience d’un homme d’État au sommet de l’appareil gouvernemental pour porter leurs idéaux. Désormais en règle avec la loi, modernisée et pacifiée en interne, la formation se projette officiellement vers l’horizon 2030. La conquête du terrain ne fait que commencer.
