Fête nationale de la Libération 2026 : Makokou veut révéler le potentiel de l’Ogooué-Ivindo

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Par Globe infos « le monde décrypté depuis le Gabon »

À l’approche de la troisième édition de la Fête nationale de la Libération, prévue le 30 août à Makokou, l’Ogooué-Ivindo entend profiter de cette exposition nationale pour valoriser son identité, son patrimoine et ses ambitions économiques. Lors d’une conférence de presse organisée à Libreville, le comité d’organisation a présenté les contours d’un événement qui veut placer la province forestière au centre du récit national.

Il est un peu plus de 9 heures, ce mercredi 29 août 2026, lorsque la salle Alexandre Samba du siège de Gabon 24, à Libreville, accueille les premiers journalistes.

Les carnets sortent des sacs. Les caméras s’installent. Les micros prennent place sur la table d’honneur. Pendant quelques minutes, les échanges restent discrets. Pourtant, l’enjeu de cette rencontre dépasse une simple présentation événementielle.

Dans quarante-huit heures, Makokou accueillera la troisième édition de la Fête nationale de la Libération. Cette année, l’Ogooué-Ivindo veut profiter de cette célébration pour montrer un autre visage : celui d’une province riche de son histoire, de sa culture et de ses ressources.

L’Ogooué-Ivindo, une terre immense au cœur du Gabon

Située au nord-est du pays, l’Ogooué-Ivindo est la plus vaste province forestière du Gabon. Elle couvre 46 075 km², soit près de 17 % du territoire national. Sa superficie équivaut presque à celle de la Suisse.

Cependant, cette immensité contraste avec sa faible densité démographique. La province compte moins de 70 000 habitants. Ici, la forêt occupe une place centrale dans le paysage et dans les modes de vie.

L’Ogooué-Ivindo partage ses frontières avec le Woleu-Ntem, le Haut-Ogooué, l’Ogooué-Lolo, le Moyen-Ogooué et la République du Congo.

Elle comprend quatre départements : l’Ivindo, avec Makokou comme chef-lieu, la Lopé autour de Booué, la Mvoung avec Ovan et la Zadié dont Mékambo constitue l’un des principaux centres.

Son histoire remonte au XIXᵉ siècle. En 1874, le marquis de Compiègne et Alfred Marche explorent le bassin de l’Ogooué jusqu’à l’embouchure de l’Ivindo. Quelques années plus tard, Pierre Savorgnan de Brazza établit un poste à Booué.

Makokou connaît ensuite une évolution progressive. La ville devient un centre administratif important avant d’accéder au statut de chef-lieu provincial en 1958.

Une biodiversité exceptionnelle reconnue par l’UNESCO

L’Ogooué-Ivindo abrite l’un des plus grands ensembles forestiers du Gabon. Plus de 80 % de son territoire reste couvert par une forêt dense.

Cette richesse naturelle accueille une faune remarquable. Éléphants de forêt, gorilles, chimpanzés et panthères évoluent dans cet environnement préservé.

La province possède également deux joyaux classés par l’UNESCO.

Le parc national de la Lopé se distingue par son paysage unique, où se rencontrent forêt équatoriale et anciennes savanes. De son côté, le parc national de l’Ivindo, inscrit au patrimoine mondial en 2021, attire les visiteurs grâce aux impressionnantes chutes de Kongou et de Mingouli.

Par ailleurs, cette nature exceptionnelle s’accompagne d’une grande diversité culturelle. Les communautés Fang, Kota, Kwélé et Makina vivent aux côtés des peuples autochtones Baka, Bakoya et Babongo.

Ces populations transmettent depuis des générations des connaissances précieuses sur la forêt et ses ressources.

Belinga, le grand pari économique de la province

Au-delà de son patrimoine naturel, l’Ogooué-Ivindo possède un potentiel minier considérable.

La province abrite notamment le gisement de fer de Belinga, considéré comme l’un des plus importants au monde.

Ce projet représente un enjeu majeur pour le développement économique du Gabon. Les autorités espèrent qu’il favorisera la création d’emplois, l’amélioration des infrastructures et le développement des transports.

Toutefois, les ambitions de la province ne reposent pas uniquement sur l’exploitation minière.

L’Ogooué-Ivindo mise également sur son potentiel agricole, hydraulique et touristique. Son patrimoine naturel pourrait devenir un moteur de croissance durable.

Ainsi, derrière l’image d’une région longtemps perçue comme enclavée, se dessine progressivement un territoire stratégique.

Libreville donne le coup d’envoi de la célébration

À Libreville, Arthur Sabi Djaboudi, président de la Commission Communication et Relations publiques du comité d’organisation, a présenté les objectifs de cette troisième édition.

« Notre rassemblement d’aujourd’hui s’inscrit dans une dynamique de transparence, de responsabilité et de proximité avec les populations », a-t-il déclaré.

Selon lui, la commission a reçu une mission claire : garantir une information « crédible, cohérente, responsable et accessible ».

Cette exigence traduit la volonté des organisateurs de maîtriser la communication autour de l’événement.

Interrogé sur les particularités de cette édition, Arthur Sabi Djaboudi a insisté sur la volonté de l’Ogooué-Ivindo de mettre en avant sa richesse culturelle et son identité.

La province souhaite également tirer les enseignements des précédentes éditions afin de proposer une organisation plus structurée.

Une organisation placée sous le signe de la coordination

La coordination générale de l’événement revient à Huguette Yvonne Nyana Ekoume, épouse Awori Onanga.

Autour d’elle, plusieurs commissions travaillent à la préparation des différentes activités prévues à Makokou.

Le programme prévoit des cérémonies officielles, des actions citoyennes, des manifestations culturelles et des animations populaires.

Cependant, les organisateurs précisent que le chronogramme reste adaptable. Il pourra évoluer selon les orientations de la coordination générale et les instructions des autorités compétentes.

Par ailleurs, la Commission Communication insiste sur un principe essentiel : l’unité du message.

Seuls les éléments validés par la coordination devront guider les prises de parole publiques. L’objectif est simple : garantir une communication cohérente auprès du public et des médias.

Makokou, une vitrine pour une province en mouvement

Au-delà de la célébration nationale, l’événement représente une occasion stratégique pour Makokou et l’ensemble de l’Ogooué-Ivindo.

La ville entend présenter ses atouts : ses produits agricoles, ses ressources halieutiques, sa gastronomie forestière et son hospitalité.

Arthur Sabi Djaboudi a également salué l’action du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, en évoquant des réalisations qui suscitent, selon lui, la fierté des populations locales.

À travers cette troisième édition de la Fête nationale de la Libération, l’Ogooué-Ivindo veut donc dépasser le simple cadre commémoratif.

La province souhaite profiter de ce rendez-vous pour affirmer son identité et rappeler son rôle dans l’avenir économique du Gabon.

Entre mémoire nationale, préservation environnementale et ambition industrielle autour de Belinga, Makokou s’apprête à accueillir une célébration qui pourrait marquer une nouvelle étape dans la reconnaissance de cette région longtemps restée discrète.

Thomas René pour Globe Infos

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