Cameroun : la création d’un poste de Vice-Président, envisagée au sommet de l’État, pourrait préparer la succession de Paul Biya et redéfinir les équilibres politiques.
Par Thomas René pour Globe infos.
Une réforme en préparation au sommet de l’État
Au Cameroun, l’hypothèse d’une création d’un poste de Vice-Président n’est plus une simple rumeur. Selon plusieurs sources concordantes, cette réforme constitutionnelle est désormais sérieusement envisagée au sommet de l’État.
Encore non officialisée, elle s’impose déjà comme un sujet central dans les cercles politiques et administratifs. En filigrane, une question domine : celle de la succession du président Paul Biya.
Objectif affiché : moderniser les institutions
Officiellement, cette réforme viserait à renforcer la stabilité institutionnelle. La création d’un Vice-Président permettrait notamment :
d’assurer la continuité de l’État
de clarifier les règles de succession
de réduire les incertitudes en cas de vacance du pouvoir
Mais pour de nombreux observateurs, l’enjeu réel est ailleurs : organiser une transition politique maîtrisée.
Une succession au cœur des enjeux
Après plusieurs décennies au pouvoir, la question de l’après-Biya devient incontournable. Le système actuel repose sur des équilibres internes fragiles et peu formalisés.
Dans ce contexte, la Vice-Présidence pourrait jouer un rôle clé. Elle permettrait de désigner, de facto, un successeur potentiel, tout en évitant une lutte ouverte entre les différentes factions du pouvoir.
La piste anglophone prend de l’ampleur
Parmi les scénarios évoqués, celui d’un Vice-Président issu des régions anglophones revient avec insistance.
Une telle décision serait hautement symbolique dans un pays marqué par une crise persistante dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Elle pourrait être interprétée comme un geste d’ouverture politique.
Cependant, plusieurs analystes mettent en garde : la crise anglophone ne saurait être résolue par une simple nomination. Les revendications portent sur des questions structurelles profondes.
Les noms qui circulent avec insistance
Plusieurs figures politiques sont évoquées pour occuper ce poste stratégique :
Philémon Yang
Joseph Dion Ngute
Peter Mafany Musonge
Victor Arrey Nkongho
Ces profils reflètent différentes orientations possibles : continuité, dialogue politique, compromis ou technocratie.
Une réforme à haut risque politique
Si elle voit le jour, la Vice-Présidence pourrait stabiliser le système. Mais elle comporte aussi des risques majeurs.
Désigner un numéro deux revient à désigner un favori. Dans un environnement politique sensible, cela pourrait :
intensifier les rivalités internes
cristalliser les ambitions
fragiliser certains équilibres existants
Entre stratégie de stabilité et calcul politique
La réforme apparaît ainsi comme un outil à double tranchant. Elle peut renforcer la lisibilité du pouvoir, mais aussi redistribuer les cartes au sein de l’élite dirigeante.
Tout dépendra du rôle réel attribué au Vice-Président : fonction symbolique ou véritable centre de décision.
Une séquence politique sous haute surveillance
Ce débat intervient à un moment charnière pour le Cameroun. La montée de cette hypothèse révèle une volonté d’anticipation au sommet de l’État.
Reste à savoir si cette réforme marquera une transformation durable du système politique… ou un simple ajustement tactique.
Cameroun : la création d’un poste de Vice-Président, envisagée au sommet de l’État, pourrait préparer la succession de Paul Biya et redéfinir les équilibres politiques.

