Fonction publique Gabonaise : une semaine de méthode, l’heure des résultats

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Laurence Ndong engage le dialogue sur la réforme des statuts généraux et le traitement des dossiers de retraite dans la Fonction publique.

Par Lauritou pour Globe Infos

En l’espace de trois jours, Laurence Ndong a reçu un syndicat, puis les directeurs des ressources humaines des ministères. Deux rencontres, un même fil conducteur : écouter avant de trancher. Reste à transformer cette méthode en résultats concrets pour les agents publics.

 Lundi : convaincre avant de légiférer

Le 5 octobre, la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités a reçu le Bureau national du SYGE V. Sa présidente, Diana Thérèse Boussoyi Mombo, conduisait la délégation. Pendant plus de deux heures, Laurence Ndong a présenté la révision des deux statuts généraux ainsi qu’une étude comparative menée dans 21 pays, répartis sur quatre continents.

Le choix est pertinent. Un statut imposé sans explication risque de susciter la défiance. Un texte expliqué, discuté et éventuellement amendé a davantage de chances de recueillir l’adhésion des agents concernés. Le syndicat a notamment salué l’évaluation des performances, qu’il considère comme un moyen de mieux reconnaître le mérite. En retour, il a demandé la révision des accords-cadres de l’Éducation nationale.

« Nous avons eu une belle séance de travail avec Mme le ministre, nous attendons les résultats », a souligné la présidente du syndicat.

Cette déclaration traduit une appréciation positive des échanges, sans constituer une approbation définitive des réformes. Le SYGE V entend consulter sa base avant de faire connaître sa position. Le message est clair : le syndicat attend des actes.

 Jeudi : les futurs retraités n’attendent pas

Le 8 octobre, le sujet change, mais l’exigence demeure. Face aux directeurs centraux des ressources humaines (DCRH), la ministre s’est penchée sur les retards dans le traitement des dossiers de départ à la retraite.

Son département a déjà signé les arrêtés de mise à la retraite et les états généraux des services relevant de son ressort. Pourtant, des dossiers restent en souffrance. Selon les éléments présentés lors de cette rencontre, les retards concernent notamment la délivrance des attestations de non-débet par les services de la Solde. Sans cette pièce, la procédure ne peut avancer normalement.

Pour les agents concernés, ces retards peuvent prolonger l’incertitude à l’approche de la retraite et compliquer la transition vers le versement de leur pension.

Laurence Ndong a demandé aux DCRH de transmettre les listes complètes des dossiers en attente, accompagnées des accusés de réception. Elle entend ensuite saisir formellement le ministre du Budget.

Cette démarche doit permettre de documenter les blocages et d’identifier les dossiers concernés. Mais son efficacité dépendra des suites données à la saisine et des délais fixés pour régulariser les situations en attente.

Ce que ces rencontres ne disent pas encore

Ces deux séances constituent des étapes de travail, pas des résultats acquis.

Sur les statuts, aucun calendrier d’adoption n’est précisé dans les éléments disponibles. L’étude comparative portant sur 21 pays n’est pas présentée dans le détail, tandis que les innovations envisagées restent à expliciter. L’évaluation des performances ne pourra renforcer la reconnaissance du mérite que si ses critères sont transparents, mesurables et appliqués équitablement.

Sur les retraites, l’ampleur du problème reste également à établir. Combien de dossiers sont bloqués ? Depuis combien de temps ? Quels délais le ministère du Budget pourra-t-il fixer pour leur régularisation ? Ces données permettraient de mesurer les progrès au lieu de s’en tenir aux annonces.

La distinction des responsabilités est tout aussi importante. La Fonction publique peut recenser les dossiers et saisir le Budget. Leur déblocage effectif suppose toutefois une réponse opérationnelle des services compétents.

L’épreuve du réel

Un agent proche de la retraite ne juge pas une réforme à ses principes, mais à la date de sa première pension. Un enseignant ne mesure pas un nouveau statut à une étude comparative : il en attend des règles claires, une carrière mieux encadrée et des droits effectivement respectés.

Laurence Ndong a privilégié le dialogue et la coordination administrative. La méthode est défendable : elle peut faciliter l’adhésion aux réformes et améliorer le traitement des dossiers. Mais elle ne suffira pas sans échéances précises, responsabilités clairement établies et suivi vérifiable.

Dans les prochaines semaines, deux indicateurs permettront d’apprécier les avancées : la progression du chantier des statuts généraux et le nombre de dossiers de retraite effectivement débloqués. La présidente du SYGE V a exprimé l’attente du syndicat. Aux administrations concernées de montrer ce que ces échanges auront permis de faire évoluer.

Car, dans la Fonction publique, le dialogue ouvre le chantier. Seuls les résultats le referment.

Lauritou pour globe infos « le monde décrypté depuis le Gabon. » 

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