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GABON : à l’Université Omar Bongo l’urgent combat contre la fracture numérique

PAR Thomas René pour Globe infos

Face à un déficit technologique qui pénalise 80 % des étudiants de Libreville, le CCPE’ZON et le géant pétrolier Vaalco Energy déploient le programme certifiant « Numerik’Avenir ». Une offensive à 20 millions de FCFA portée par des acteurs engagés pour armer la jeunesse face au marché de l’emploi.

Un amphi électrique pour une urgence nationale

Il était presque midi à Libreville, ce lundi 15 juin 2026. Dans la salle de conférence de l’Université Omar Bongo (UOB), l’atmosphère était électrique. Étudiants debout contre les murs, caméras braquées sur l’estrade : ce midi, l’UOB rompait avec sa routine pour engager une bataille décisive. Le chiffre claque comme un uppercut : quatre étudiants sur cinq sur ce campus ne maîtrisent pas les outils bureautiques de base (Word, Excel, PowerPoint), selon une étude de 2025. Une fracture silencieuse qui brise les carrières avant même qu’elles ne démarrent.

Pour inverser la tendance, le Centre de Compétences Professionnelles et Entrepreneuriales Zita Oligui Nguema (CCPE’ZON) est passé à l’action en lançant officiellement le projet Numerik’Avenir (Programme V.E.N.U.S). L’ambition est colossale : former gratuitement 2 000 étudiants en six mois, répartis en 80 cohortes de 25 participants.

CCPE’ZON et Vaalco Energy : les architectes du changement

Derrière ce déploiement d’envergure, l’action repose sur la vision de promoteurs déterminés et une synergie public-privé inédite. En première ligne, le CCPE’ZON s’impose comme le catalyseur opérationnel de cette modernisation. M. Patrick Eric Meyo, Coordinateur Général Adjoint du centre, a fermement rappelé le sens de cet engagement :
« Le monde de l’emploi a des exigences, et la maîtrise de l’outil informatique en est l’une des premières. Nous invitons d’autant plus les étudiants à s’approprier cette initiative qui est totalement gratuite. »

Pour donner corps à cette vision, la compagnie pétrolière Vaalco Energy a sorti le chéquier en injectant une enveloppe de 20 millions de FCFA au titre de sa Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Présente au Gabon depuis 1995, la structure assume un choix politique fort et un retour sur investissement humain. Son Administrateur Directeur Général, M. Vianney Okoumba, a tranché avec le langage corporate habituel :

« Le Gabon a longtemps été notre base principale en Afrique. Il est de bon aloi que notre entreprise rende à ce pays tout le bien qu’il lui a donné. Nous ne ménagerons aucun effort pour accompagner ce projet comme tant d’autres à venir. »

L’UOB en pleine mutation : une impulsion politique forte

Sur l’estrade, les autorités universitaires mesurent l’impact de cette alliance stratégique. Le Professeur Kwaou, Vice-Recteur chargé de la vie étudiante, a salué le travail de fond accompli par les promoteurs : « L’UOB sort de très loin. Depuis le partenariat avec le CCPE’ZON il y a une année, il y a de véritables projets structurants qui m’amènent à dire que l’université se modernise. » Il a rappelé que cette action répond directement aux instructions de la Présidence de la République, qui exigeait dès 2024 une refonte des formations pour les adapter au marché.

Un constat partagé par M. Ossele Jonas Stéphane, président de la mutuelle des étudiants, pour qui cette opportunité « vient combler un vide énorme qui a toujours porté préjudice aux étudiants lors des recrutements ».

Alors que la première cohorte s’apprête à démarrer le 22 juin prochain, les yeux se tournent déjà vers l’arrière-pays. Présents dans la salle, le Directeur Général de l’Enseignement Supérieur et le commissaire de services ont ouvert la voie à une décentralisation du programme : si le succès se confirme à Libreville, Numerik’Avenir s’étendra dans les provinces. L’action est lancée, reste à la pérenniser.

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