PAR Thomas René pour Globe infos
Derrière les murs de la Zone économique spéciale de Nkok, une usine attend. Les équipements sont installés. Les protocoles validés. Les chercheurs ont terminé leurs travaux. Pourtant, aucune machine ne tourne encore. Au cœur de cette attente : l’Iboga, plante emblématique du patrimoine gabonais, dont les promesses thérapeutiques attirent aujourd’hui l’attention de laboratoires et d’investisseurs du monde entier. Alors que le projet porté par La Santé Pharmaceutique ambitionne de faire du Gabon un acteur majeur de la transformation pharmaceutique en Afrique, les lenteurs administratives freinent un investissement qui pourrait pourtant créer des emplois, attirer des capitaux et renforcer la souveraineté sanitaire du pays.
Quand une plante ancestrale rencontre les ambitions industrielles du Gabon
Rarement une plante aura concentré autant d’espoirs, de fascination et d’enjeux stratégiques. Depuis des générations, l’Iboga occupe une place singulière dans le patrimoine culturel et spirituel gabonais. Aujourd’hui, cette ressource naturelle attire également l’attention des chercheurs, des industriels et des investisseurs internationaux pour ses propriétés thérapeutiques étudiées dans plusieurs domaines médicaux.
À Nkok, dans l’une des principales vitrines industrielles du pays, la société gabonaise La Santé Pharmaceutique entend franchir une étape décisive : transformer localement l’Iboga afin de créer une chaîne de valeur intégrée, depuis l’extraction des molécules jusqu’à la fabrication de produits pharmaceutiques à forte valeur ajoutée.
Sur le papier, le projet coche toutes les cases de la stratégie nationale de transformation locale des ressources naturelles. Dans les faits, il demeure suspendu à des procédures administratives qui tardent à aboutir.
Un projet prêt à démarrer mais toujours en attente
Selon plusieurs sources proches du dossier, les études scientifiques, les travaux de recherche et les protocoles industriels nécessaires au lancement du projet ont été achevés depuis plus d’un an.
Les responsables de La Santé Pharmaceutique assurent avoir investi dans des recherches approfondies portant sur l’extraction des principes actifs, leur transformation et leur valorisation industrielle. Des tests jugés concluants auraient été présentés aux administrations concernées.
« Le volet technique est entièrement bouclé. Nous attendons désormais les différentes autorisations nécessaires pour lancer officiellement les opérations », confie une source impliquée dans le projet.
Cette attente nourrit une incompréhension grandissante parmi les promoteurs de l’initiative. D’après eux, plusieurs correspondances ont été adressées aux ministères concernés, notamment ceux de l’Industrie, de la Santé et du Commerce. À ce jour, aucune suite officielle n’aurait été communiquée.
Dans un pays qui affirme vouloir accélérer son industrialisation, cette situation soulève de nombreuses interrogations.