Par Globe Infos » Le monde décrypté depuis le Gabon »
Le Gabon entend renforcer sa souveraineté pharmaceutique. Dans cette perspective, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, s’est rendue cette semaine à l’usine La Santé Pharmaceutique, située dans la zone industrielle de Nkok. Cette visite visait à évaluer les capacités de production de l’entreprise et à identifier les solutions permettant d’améliorer l’approvisionnement des établissements de santé.
En effet, les autorités souhaitent mieux valoriser la production nationale afin de réduire les ruptures de médicaments dans les hôpitaux.
Les instructions du chef de l’État à l’origine de la visite
Cette mission s’inscrit dans le prolongement d’une réunion entre le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et les responsables du secteur pharmaceutique.
Lors de cette rencontre, le chef de l’État avait exprimé son inquiétude face à une situation jugée paradoxale. D’un côté, des stocks de médicaments produits localement approchaient de leur date de péremption. De l’autre, plusieurs structures sanitaires continuaient de manquer de traitements essentiels.
Par conséquent, le président de la République a demandé au ministère de la Santé de prendre les mesures nécessaires afin d’améliorer la distribution des médicaments fabriqués au Gabon.
Une immersion au cœur d’une usine de dernière génération
Accompagnée d’une importante délégation, la ministre a visité les lignes de production, les laboratoires de contrôle qualité et les unités de conditionnement.
Au fil de cette visite, elle a découvert une usine équipée de technologies modernes. Les équipements répondent aux normes nécessaires à la fabrication de médicaments homologués.
La délégation a également échangé avec les responsables techniques afin de mieux comprendre les défis auxquels l’entreprise est confrontée.
Une capacité de production déjà importante
Les chiffres présentés témoignent du potentiel industriel de La Santé Pharmaceutique.
Chaque jour, l’usine peut produire :
plus d’un million de comprimés ;
près de 150 000 bouteilles de sirop.
Par ailleurs, l’entreprise souhaite diversifier sa production. Elle ambitionne notamment de fabriquer des médicaments injectables afin de répondre à une demande croissante des établissements hospitaliers.
Le gouvernement veut renforcer l’accès aux médicaments
À l’issue de la visite, la ministre de la Santé a rappelé les objectifs poursuivis par le gouvernement.
« Dans le cadre de la politique d’amélioration de l’accès aux médicaments pour les populations gabonaises voulue par le chef de l’État, il était important pour nous de venir voir cette usine, d’évaluer ses capacités de production et d’étudier les possibilités d’accroître cette capacité, notamment vers la fabrication de médicaments injectables. »
Ainsi, cette démarche s’inscrit dans une politique visant à renforcer durablement l’offre nationale de médicaments.
L’État invité à accompagner le développement de l’entreprise
De son côté, le directeur général de La Santé Pharmaceutique, Rajeev Lila, estime que l’usine peut aller encore plus loin.
Selon lui, l’entrée de l’État et d’autres partenaires dans le capital de l’entreprise permettrait d’accélérer les investissements. Elle favoriserait également l’augmentation des capacités de production et l’ouverture vers les marchés d’Afrique centrale.
En outre, cette évolution contribuerait au développement d’une véritable industrie pharmaceutique nationale.
La souveraineté pharmaceutique devient un enjeu stratégique
Depuis plusieurs années, de nombreux pays africains cherchent à réduire leur dépendance aux importations de médicaments.
À cet égard, le Gabon dispose avec l’usine de Nkok d’un outil industriel capable de répondre à une partie importante des besoins nationaux.
De plus, le développement de cette filière pourrait favoriser la création d’emplois qualifiés, renforcer le tissu industriel et améliorer la sécurité sanitaire du pays.
Des stocks disponibles pour alimenter les hôpitaux
L’un des principaux enseignements de cette visite concerne les médicaments déjà disponibles dans les entrepôts de l’usine.
Désormais, l’enjeu consiste à mieux coordonner la production locale avec les besoins des établissements de santé.
Si cette coordination est renforcée, les stocks existants pourront être rapidement distribués aux hôpitaux et aux centres de santé du pays.
Une étape décisive pour l’industrie pharmaceutique gabonaise
Au-delà de son caractère institutionnel, cette visite traduit une ambition plus large.
À terme, le gouvernement souhaite faire de la production locale un pilier de la politique sanitaire nationale.
Enfin, si les mesures annoncées sont effectivement mises en œuvre, l’usine de Nkok pourrait devenir un acteur majeur de la souveraineté pharmaceutique en Afrique centrale. Elle contribuerait également à améliorer durablement l’accès des Gabonais aux médicaments essentiels.