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Gabon : le Salon africain des infrastructures de Libreville veut faire de la capitale un carrefour continental de l’investissement

Par Thomas René pour Globe infos 

Libreville, le 02 juillet 2026.  À la Baie des Rois, entre les grues et les fondations des futures Tours H, un chantier ne se contente plus de sortir de terre. Il annonce déjà le prochain grand rendez-vous économique du pays. Mardi, sur cet espace en pleine mutation, le comité d’organisation du premier Salon africain des infrastructures de Libreville (SAIL) a levé le voile sur son projet.

Prévu du 17 au 19 septembre 2026, cet événement inédit ambitionne de réunir décideurs publics, investisseurs, entreprises et partenaires internationaux autour des grands projets structurants du continent. Au-delà de la vitrine économique, il entend positionner le Gabon comme une plateforme régionale des infrastructures et accélérer l’intégration des entreprises locales dans les marchés d’avenir.

Le SAIL officiellement lancé devant les acteurs économiques

Le compte à rebours est désormais lancé. Le comité d’organisation a officiellement dévoilé, mardi, les contours de cette première édition, lors d’une conférence de presse tenue à la Baie des Rois.

La rencontre a réuni plusieurs chefs d’entreprise issus de secteurs variés. Des représentants d’institutions publiques et des partenaires économiques y ont également pris part, aux côtés de nombreux journalistes. L’objectif était clair : présenter les ambitions de ce nouveau rendez-vous économique, appelé à devenir une référence en Afrique centrale.

La conférence s’est articulée autour de trois temps forts. D’abord, une présentation détaillée du projet par le commissaire du salon, Boris Ndong. Ensuite, une longue séance de questions-réponses, au cours de laquelle le promoteur a répondu aux interrogations des participants. Enfin, une visite du site qui accueillera l’événement, à proximité du chantier des futures Tours H de la Baie des Rois, suivie d’échanges informels autour d’un cocktail dînatoire.

Les infrastructures, nouveau moteur de la compétitivité africaine

Pour Boris Ndong, le contexte international donne aujourd’hui une dimension particulière aux infrastructures. « À travers le monde, les infrastructures sont devenues un instrument de puissance, de souveraineté et de transformation économique », a-t-il rappelé. Selon lui, l’Afrique entre dans « une décennie décisive ». Sa capacité à construire des routes, des ports, des réseaux énergétiques ou des villes modernes déterminera sa compétitivité future. C’est précisément dans cette logique qu’a été imaginé le SAIL.

Pourquoi le Gabon s’impose comme pays hôte

Selon les organisateurs, le choix du Gabon ne relève pas du hasard. Il repose sur l’accélération des investissements structurants engagés depuis plusieurs années.

Parmi les projets emblématiques figure la voie de contournement du Grand Libreville. Elle relie Abaga, Bikélé et Owendo, et doit fluidifier le trafic entre la capitale, la Route nationale 1 et le principal port du pays. À cela s’ajoute l’autoroute Carrefour 9 Provinces-Malibé 2-Plage Nord, pensée pour accompagner l’expansion urbaine du Grand Libreville.

Parallèlement, le port d’Owendo poursuit sa modernisation. L’objectif est de renforcer les capacités logistiques du pays et de soutenir le développement de la Zone économique spéciale de Nkok.

Sur le plan urbain, la Baie des Rois demeure l’un des symboles les plus visibles de cette transformation. Le futur quartier d’affaires y prévoit hôtels, marina, bureaux, commerces et logements. Des espaces culturels y répondront aussi aux standards internationaux. La rénovation de la Cité de la Démocratie et les projets immobiliers de grande hauteur illustrent, eux aussi, cette volonté de repositionner Libreville comme une capitale économique moderne.

Des interrogations concrètes des acteurs économiques

Parmi les questions qui ont le plus mobilisé l’assistance, celle de l’implication réelle des services publics est revenue à plusieurs reprises. Les chefs d’entreprise présents souhaitaient savoir si l’administration serait un simple invité d’honneur ou un acteur pleinement engagé dans l’événement.

Boris Ndong a apporté une réponse précise. Un stand spécifiquement dédié à l’administration sera aménagé pour l’occasion. Les services publics y présenteront la destination Gabon aux investisseurs et opérateurs présents, tout en clarifiant les procédures et les perspectives du secteur pour les entreprises intéressées.

La place des banques et des compagnies d’assurance dans le dispositif a également suscité des interrogations. Sur ce volet aussi, le commissaire du salon a été catégorique. Ces acteurs financiers, incontournables pour toute entreprise d’envergure, disposeront d’un espace dédié pour présenter leurs offres et produits aux porteurs de projets.

Le regard d’un témoin privilégié de la transformation urbaine

Présent à cette rencontre, Pierre Matthieu Obame Etoughe, ancien maire central de la commune de Libreville, a livré une analyse marquée par son expérience de premier magistrat de la ville. Il se présente aujourd’hui comme un observateur privilégié des mutations infrastructurelles du Grand Libreville.
Pour lui, le caractère international du salon constitue une avancée décisive. « Cet événement est la bienvenue. Son caractère international va ouvrir de mieux en mieux la voie à la capitale gabonaise vers l’extérieur », a-t-il déclaré.

L’ancien édile voit également dans le SAIL une opportunité pour les petites et moyennes entreprises locales. Selon lui, la synergie entre PME pourrait renforcer leur compétitivité face à une concurrence plus large. « Il va aussi permettre aux PME locales de se livrer à une concurrence saine en se mettant en synergie pour être plus compétitives », a-t-il souligné, avant de conclure : « Libreville se modernise, nous ne pouvons qu’en être fiers. »

Une plateforme pensée pour les entreprises gabonaises

Au-delà de son rayonnement continental, le SAIL veut avant tout servir les intérêts du tissu économique national. Les organisateurs souhaitent offrir aux entreprises gabonaises un accès privilégié aux grands projets d’infrastructures. Elles pourront ainsi développer des partenariats stratégiques avec des investisseurs, des bailleurs de fonds et des groupes internationaux.

Le salon prévoit des rencontres B2B, des présentations de projets et des échanges avec les administrations publiques, les établissements bancaires et les principaux acteurs privés. Cette approche vise à faciliter le transfert de compétences. Elle doit aussi renforcer la crédibilité des entreprises nationales et favoriser leur intégration dans les grands marchés régionaux.

Mettre en valeur le savoir-faire national

Le SAIL entend également devenir une vitrine du savoir-faire gabonais. Les entreprises de BTP, les bureaux d’études et les industriels y disposeront d’espaces d’exposition dédiés. Il en sera de même pour les fournisseurs de matériaux, les spécialistes de l’énergie, les sociétés de services et les banques.

Plusieurs pavillons thématiques sont prévus afin de structurer l’offre autour des principaux métiers de l’écosystème des infrastructures. L’ambition est de donner davantage de visibilité aux acteurs nationaux, tout en facilitant leur montée en gamme grâce aux échanges avec des partenaires internationaux.

Une première édition à vocation internationale

Prévu du 17 au 19 septembre 2026 à la Baie des Rois, le Salon africain des infrastructures de Libreville réunira des entreprises gabonaises et étrangères, des institutions publiques, des investisseurs, des bureaux d’études et des experts du secteur.

Les organisateurs proposeront différentes formules de participation, allant des stands standards et premium aux offres de sponsoring destinées aux partenaires institutionnels et privés. Cette première édition constitue un test grandeur nature. Ses promoteurs affichent toutefois déjà une ambition plus large : inscrire durablement Libreville sur la carte des grands rendez-vous économiques africains consacrés aux infrastructures.

Faire des infrastructures un levier durable de croissance

Au-delà de l’événement lui-même, le SAIL veut accompagner une dynamique économique plus profonde. Son ambition est d’attirer davantage d’investissements, tout en veillant à ce qu’une part croissante de la valeur ajoutée, des emplois et des marchés bénéficie aux entreprises gabonaises.

En créant un espace de dialogue entre décideurs publics, investisseurs et opérateurs économiques, le Salon africain des infrastructures de Libreville entend contribuer à faire des infrastructures un véritable levier de souveraineté économique. Une ambition qui dépasse les frontières du Gabon, pour s’étendre à l’ensemble de l’Afrique centrale.

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