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Pollution plastique : le Gabon mise sur une plateforme nationale pour coordonner la riposte

Le 06 octobre dernier 2026, à Libreville, le ministre Maurice Ntossui Allogo a lancé le NPAP Gabon. Cette plateforme doit fédérer les pouvoirs publics, les entreprises et les acteurs du recyclage autour d’une feuille de route nationale visant à mieux gérer les déchets plastiques d’ici 2030.

Face à la pollution plastique, le Gabon veut passer d’initiatives dispersées à une action mieux coordonnée. Le 6 octobre 2026, à l’hôtel Crystal de Libreville, le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a officiellement lancé la Plateforme nationale d’action contre les plastiques, connue sous le sigle NPAP Gabon.

L’enjeu dépasse la création d’un nouveau cadre de concertation. Il s’agit de mieux organiser la réponse nationale à une pollution qui menace les milieux naturels et mobilise de nombreux acteurs. La réussite de cette initiative dépendra de sa capacité à transformer les engagements en actions concrètes.

Un cadre national pour fédérer les acteurs

La Direction générale de l’Environnement et de la Protection de la Nature (DGEPN) porte cette initiative, développée avec le Partenariat mondial pour l’action contre les plastiques (GPAP) du Forum économique mondial. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Gabon accompagne également le processus.

La plateforme entend rapprocher pouvoirs publics, entreprises, collectivités territoriales, société civile et professionnels de la gestion des déchets. Aucun acteur ne maîtrise seul l’ensemble du cycle de vie du plastique, de sa mise sur le marché à sa collecte et à son traitement.

La coordination devra donc favoriser une meilleure articulation des politiques publiques, des initiatives économiques et des solutions de terrain.

Des mesures existantes à une stratégie durable

À l’ouverture des travaux, Maurice Ntossui Allogo a rappelé qu’aucun acteur ne pouvait, à lui seul, apporter une réponse durable à la pollution plastique.

Le ministre a également évoqué les mesures engagées par le Gouvernement, notamment le renforcement des contrôles sur les plastiques à usage unique et les actions liées à la fermeture de la décharge de Mindoubé.

Le NPAP Gabon doit désormais contribuer à inscrire ces efforts dans une démarche structurée, associant réglementation, prévention, collecte et valorisation. Le défi consiste à dépasser les mesures ponctuelles pour installer une politique cohérente, soutenue par des responsabilités clairement définies et des moyens adaptés.

Cap sur 2030 : mieux collecter et valoriser

À l’horizon 2030, le Gabon ambitionne de mieux concevoir les produits plastiques, d’améliorer leur collecte et de renforcer leur valorisation, tout en réduisant leurs effets sur les écosystèmes.

Cette orientation s’inscrit dans une logique d’économie circulaire. Elle consiste à limiter les déchets évitables et à développer les possibilités de réemploi et de recyclage.

La plateforme doit contribuer à l’élaboration d’une feuille de route nationale articulée autour de cinq leviers : les politiques publiques, le secteur industriel, les données scientifiques, l’innovation et les mécanismes de financement.

Leur articulation sera déterminante. Une réglementation sans contrôle risque de rester peu efficace. Des infrastructures de collecte sans financement pérenne peuvent rapidement atteindre leurs limites.

Le PNUD insiste sur l’inclusion

Présente à la cérémonie, la Représentante résidente adjointe du PNUD au Gabon, Soahangy Mamisoa Rangers, a rappelé les conséquences de la pollution plastique sur les écosystèmes terrestres et marins, la santé publique et le développement durable.

Le PNUD, qui assure le secrétariat du partenariat, entend faciliter le dialogue entre les parties prenantes. Une attention particulière doit être accordée aux femmes, aux jeunes, aux petits entrepreneurs, aux récupérateurs de plastique et aux pré-collecteurs informels.

Ces derniers contribuent à la récupération des matières recyclables, mais leur rôle reste souvent peu reconnu. Leur participation effective aux travaux pourrait permettre de mieux intégrer leurs contraintes et leur savoir-faire dans les solutions retenues.

La responsabilité des producteurs en question

Les échanges ont porté sur la gouvernance des déchets, l’assainissement, la réhabilitation des sites pollués et les solutions durables.

Le directeur général de Revadac, Paul Alogui Revoula, a plaidé pour une véritable Responsabilité élargie des producteurs (REP), fondée notamment sur le principe du « pollueur-payeur ». Cette approche vise à faire contribuer les producteurs à la gestion des déchets issus des produits qu’ils mettent sur le marché.

Sa mise en œuvre soulève toutefois plusieurs questions : quelles entreprises seraient concernées, comment calculer leurs contributions et comment financer la collecte et le traitement des déchets ?

Le directeur général du RGEDD, Afane Edou, a souligné le potentiel économique de cette filière, susceptible de créer de la valeur et des revenus. Martine Mvengou, responsable environnement de la FMCT, a pour sa part insisté sur la réduction de l’utilisation du plastique et la protection des écosystèmes fragilisés.

Des résultats attendus d’ici 2030

Le NPAP Gabon ouvre une nouvelle étape dans la coordination des efforts contre la pollution plastique. Sa portée dépendra désormais de la traduction de ses orientations en mesures applicables, financées et évaluables.

Le calendrier détaillé de la feuille de route, les ressources financières prévues et les indicateurs de suivi restent à préciser dans les informations disponibles. Les modalités concrètes de la responsabilité élargie des producteurs devront également être clarifiées.

Ces éléments détermineront la capacité du dispositif à améliorer la collecte, à développer le recyclage et à réduire les déchets abandonnés dans l’environnement.

Cette démarche s’inscrit dans la vision du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui place la protection du patrimoine naturel parmi les priorités nationales.

La création de la plateforme constitue un point de départ, pas une preuve de réussite. D’ici 2030, son bilan devra se mesurer aux résultats obtenus : une meilleure collecte, des filières de valorisation plus solides et une pollution effectivement réduite.

Thomas René pour Globe Infos « Le monde décrypté depuis le Gabon »

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