Gabon – Remaniement ministériel : Sosthène Nguema Nguema reconduit, la continuité d’une confiance consolidée

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Par Lauritou pour globe infos « le monde décrypté depuis le Gabon  » 

Le remaniement ministériel du 11 octobre 2026 confirme Sosthène Nguema Nguema au ministère des Mines et des Ressources géologiques. Après neuf mois d’action, le ministre conserve un portefeuille stratégique pour l’industrialisation du Gabon. Réformes administratives, projets structurants et diplomatie minière : son bilan éclaire la cohérence de cette continuité avec la vision de Brice Clotaire Oligui Nguema, axée sur la transformation locale des ressources et une meilleure captation de leur valeur ajoutée.

Des réformes pour traduire la vision présidentielle

Depuis sa nomination en janvier 2026, Sosthène Nguema Nguema s’emploie à donner une traduction opérationnelle aux orientations présidentielles dans le secteur minier. L’objectif est de dépasser un modèle principalement fondé sur l’extraction et l’exportation des matières premières, pour développer davantage d’activités industrielles sur le territoire national.

Le bilan présenté le 4 juin 2026, à l’occasion des cent premiers jours d’action du ministère, fait état de mesures destinées à structurer l’administration et à améliorer le suivi des dossiers. La création du Comité de Management du Ministère (C2M) renforce la coordination interne. Sur le plan réglementaire, cinq textes ont été adoptés pour préparer la réforme du Code minier. Durant cette même période, 21 permis de recherche et 14 permis d’exploitation ont été délivrés.

Ces initiatives constituent les premiers jalons d’une politique qui place la gouvernance des ressources au service de la diversification économique.

Fer et manganèse : accélérer la transformation locale

Les projets industriels donnent une dimension concrète à cette ambition. À Milingi, la convention signée avec Avilla Mining Gabon concerne un gisement de fer estimé à près de 500 millions de tonnes. À Bélinga, les travaux d’exploration ont permis de certifier environ 1,4 milliard de tonnes de minerai dans le bloc ouest, après 225 000 mètres linéaires de forage. Le démarrage de l’exploitation est annoncé à l’horizon 2030.

Le manganèse constitue un autre axe majeur. Le Gabon vise la fin des exportations de minerai brut à partir de 2029. Comilog a identifié un site à Owendo pour de futures unités de transformation, tandis que Nouvel Gabon Mining prévoit la mise en service d’un premier four à Mounana en décembre 2026. À terme, la stratégie nationale de transformation du manganèse pourrait générer environ 16 000 emplois, selon les projections présentées par le ministère.

L’enjeu est de faire émerger une industrie locale capable de créer des emplois, de développer les compétences et de retenir davantage de valeur au Gabon.

De l’Afrique du Sud à la Chine, une diplomatie minière active

La stratégie gabonaise se joue aussi sur la scène internationale. Pour développer la transformation locale, le pays doit attirer des investisseurs, accéder à des technologies et nouer des partenariats répondant à ses priorités industrielles.

En Afrique du Sud, lors du Mining Indaba, le Gabon a conclu un accord de coopération avec le Geoscience Council. Au Canada, à Toronto, les démarches conduites dans le cadre des rencontres minières ont accompagné l’attribution de deux permis de recherche à des sociétés canadiennes, selon le bilan officiel des cent premiers jours.

En Chine, lors de la China Mining Conference and Exhibition de septembre, Sosthène Nguema Nguema a défendu un modèle de coopération axé sur la transformation locale, l’investissement productif, le transfert de compétences et la formation. Ses échanges avec le vice-ministre chinois Sun Shuxian ont notamment porté sur les perspectives de coopération dans les filières du manganèse et de l’or.

À Rabat, du 6 au 8 octobre, lors de la troisième édition du Congrès international des mines, le ministre a également porté les ambitions du Gabon auprès des acteurs du secteur.

De l’Afrique australe à l’Amérique du Nord, de l’Asie au Maroc, cette diplomatie minière poursuit un objectif constant : promouvoir le potentiel géologique du pays tout en défendant une transformation accrue des ressources sur le territoire national. Elle constitue un levier de la stratégie industrielle, car les ambitions gabonaises nécessitent des capitaux, des infrastructures, des technologies et des compétences.

Or : mieux maîtriser la chaîne de valeur

La filière aurifère complète cette démarche. En juin 2026, le gouvernement a annoncé la suspension provisoire des permis de recherche et d’exploitation de l’or à petite échelle. Le ministère a également engagé des travaux sur la traçabilité de la production et le renforcement du contrôle de la filière, avec la volonté de favoriser une meilleure valorisation locale.

Cette orientation rejoint celle défendue pour le fer et le manganèse : mieux encadrer l’exploitation des ressources et accroître les retombées économiques conservées dans le pays.Un homme de terrain 

Une continuité au service d’un cap national

Le maintien de Sosthène Nguema Nguema intervient alors que plusieurs chantiers sont engagés : réforme réglementaire, développement de projets industriels, préparation de la transformation du manganèse, encadrement de l’or et recherche de partenariats internationaux.

Le communiqué du remaniement ne détaille pas les motifs individuels de cette reconduction. Le bilan du ministère permet néanmoins de mesurer la cohérence entre les actions engagées et les priorités affichées par le chef de l’État.

En conservant Sosthène Nguema Nguema aux Mines, le gouvernement prolonge la conduite d’un chantier stratégique : faire des richesses du sous-sol gabonais non seulement une source d’exportation, mais aussi un moteur d’industrialisation, de création de valeur et de souveraineté économique.

Lauritou pour globe infos « Le monde décrypté depuis le Gabon. » 

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