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Lucarne : « Affaire Seydou Kane » ou la distraction de trop

Quand la polémique enfle autour d’un entrepreneur, les véritables enjeux économiques du Gabon passent-ils au second plan ?

Par Thierry Mocktar

Le Gabon, sous l’ère de la Ve République, avance. Il se (re)construit et se relève.

Sous l’impulsion du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, la Nouvelle République est lancée dans le plus grand chantier de sa jeune histoire : transformer le pays, rendre aux Gabonais ce qui leur appartient et améliorer concrètement leurs conditions de vie.

Curieusement, au moment où le gouvernement met la pression sur les entreprises pour accélérer la cadence des grands travaux, « l’affaire Seydou Kane », du nom de cet homme d’affaires gabonais d’origine malienne, explose sur les réseaux sociaux.

Coïncidence ? Une distraction de trop, estime une partie de l’opinion publique locale.

Une polémique qui détourne l’attention

Pourtant, on veut amener les Gabonais à se diviser, à s’indigner et à commenter le cas d’un citoyen en raison de son engagement. Pendant ce temps, dans l’ombre, certains lobbies concurrentiels asiatiques, français et syro-libanais poursuivent tranquillement leurs activités.

Spoliation présumée des ressources du pays dans le dos de l’État, trafics illicites en tout genre, accaparement et expropriation de terres chères aux Gabonais : les sujets de préoccupation ne manquent pourtant pas.

Parfois, il faut le dire, avec la complicité active d’une certaine pègre locale qui voit d’un très mauvais œil la remise en ordre du pays.

Le but serait-il alors de détourner l’attention ? Occuper l’opinion publique avec le cas Seydou Kane pour permettre à certains de poursuivre leurs activités en toute tranquillité ?

La question mérite d’être posée.

Seydou Kane, une histoire avec le Gabon

En effet, l’histoire de Seydou Kane au Gabon est avant tout celle d’une relation qui s’est construite sur plus de quatre décennies.

Depuis lors, l’homme d’affaires n’a cessé d’investir et de consacrer ses efforts au développement du pays. Il a également participé à la création d’emplois en employant des Gabonais et en continuant de croire au potentiel du Gabon et à la dynamique engagée sous la Ve République.

Dans ce contexte, pourquoi concentrer aujourd’hui autant d’attention sur un entrepreneur qui a choisi de faire du Gabon son pays d’investissement et d’engagement ?

La question se pose d’autant plus que le pouvoir conduit par Brice Clotaire Oligui Nguema a affiché une volonté claire : remettre de l’ordre, taper du poing sur la table et protéger l’économie nationale.

Protéger l’économie nationale

Cette nouvelle orientation place nécessairement le Gabon face à des intérêts parfois puissants.

L’économie nationale se retrouve ainsi en première ligne face à différents lobbies étrangers et à des acteurs économiques qui, depuis des décennies, ont choisi le Gabon pour contribuer à son essor.

Mais la question fondamentale demeure : quels sont ceux qui contribuent réellement au développement du pays et ceux qui cherchent avant tout à en tirer profit ?

Le débat ne devrait-il pas porter sur cette distinction essentielle ?

Car le Gabon a besoin d’investisseurs, d’entrepreneurs et de partenaires. Mais il a surtout besoin d’acteurs économiques qui respectent ses lois, créent de la valeur, emploient sa jeunesse et participent à sa transformation.

C’est précisément dans cette logique que doit être comprise la dynamique de la Ve République.

« Un Gabon aux Gabonais »

Soutenir Seydou Kane aujourd’hui, c’est, dans cette perspective, soutenir une certaine vision de la Ve République : celle d’un Gabon aux Gabonais, ouvert à tous ceux qui souhaitent contribuer à son développement, mais dans le respect de ses lois, de ses intérêts et de sa souveraineté économique.

Le véritable enjeu n’est donc peut-être pas de savoir qui fait l’objet de la polémique du moment sur les réseaux sociaux.

Il est de savoir qui travaille réellement pour le Gabon, qui investit dans son avenir et qui respecte les règles du jeu fixées par l’État.

Pendant que certains cherchent à détourner l’attention, le pays, lui, doit continuer d’avancer.

Thierry Mocktar

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