Ogooué-Ivindo : quand l’auto-entrepreneuriat prend racine à Makokou

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ÉCONOMIE | Par la rédaction de Globe Infos
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À Makokou, l’entrepreneuriat ne se résume plus à une promesse. En quelques semaines, 126 candidats ont rejoint le dispositif, 116 ont été formés au Business Model Canvas et 18 porteurs de projets ont finalement franchi toutes les étapes de sélection. À la clé : un fonds d’amorçage de 1,5 million de FCFA par bénéficiaire, remis le 30 août 2026 par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Derrière ces chiffres, une mécanique se dessine : celle d’un programme national qui tente de transformer l’envie d’entreprendre en activités économiques concrètes dans les provinces.

De Libreville à Makokou, le pari du terrain

Le 13 juillet 2026, à Libreville, le Directeur général du Pôle national de promotion de l’emploi (PNPE), Pascal Franck Nze Ndong Nze, lançait officiellement le projet Auto-Entrepreneur 241 CBON, pour « C’est Bien une Opportunité Nationale ».

L’objectif affiché est de soutenir l’initiative privée et de favoriser l’émergence de microentreprises capables de créer leur propre activité et, à terme, de contribuer à l’emploi local.

Mais un programme national ne prend véritablement son sens qu’au contact des réalités provinciales.

C’est précisément ce qui s’est joué dans l’Ogooué-Ivindo.

Dans cette province du Nord-Est du Gabon, le dispositif a d’abord dû relever un défi très concret : mobiliser suffisamment de candidats.

126 candidats mobilisés en moins de 24 heures

Le 12 août, les équipes du PNPE ont intensifié la sensibilisation à Makokou.

Au cours du premier mois de collecte, le niveau d’inscription était resté inférieur aux attentes. Les équipes ont donc changé d’approche en privilégiant l’information de proximité, avec l’appui des services de la mairie de Makokou.

Le résultat est immédiat.

En moins de 24 heures, 126 nouveaux candidats rejoignent le dispositif.

Ce chiffre constitue le premier enseignement de l’expérience dans l’Ogooué-Ivindo : lorsqu’une information économique descend réellement au niveau des territoires, la demande peut rapidement émerger.

Mais s’inscrire ne suffisait pas.

Encore fallait-il transformer une idée d’activité en véritable projet entrepreneurial.

Du projet individuel au modèle économique

Les candidats ont alors été confrontés à une étape plus exigeante : la structuration de leur projet.

Au total, 116 candidats ont été formés autour du Business Model Canvas (BMC), un outil destiné à aider les porteurs de projets à clarifier leur clientèle, leur proposition de valeur, leurs ressources, leurs activités et leurs sources de revenus.

L’exercice change la nature de la démarche.

Il ne s’agit plus seulement de présenter une idée. Il faut démontrer qu’elle peut fonctionner.

Cette étape prépare les candidats au passage devant un jury chargé d’évaluer les différents projets.

Le dispositif suit ainsi une progression précise :

126 candidats sensibilisés → 116 candidats formés → sélection par un jury → 18 lauréats → formation renforcée → financement de 1,5 million de FCFA chacun.

Une sélection qui permet de mesurer le niveau d’exigence du programme.

Dix-huit projets retenus

La sélection s’est appuyée sur un jury réunissant plusieurs acteurs institutionnels et économiques locaux.

Y figuraient notamment un représentant du gouverneur de la province, le maire du 1er arrondissement de Makokou, le directeur provincial de l’Agriculture, un représentant de la Direction provinciale du ministère des PME-PMI ainsi que le chef d’agence de l’établissement d’épargne et de développement concerné.

Les projets ont été examinés selon leur viabilité, leur pertinence économique et leur capacité à produire un impact au sein des communautés.

Au terme de cette sélection, 18 porteurs de projets ont été retenus.

Mais la sélection n’a pas constitué le dernier filtre.

Les lauréats ont ensuite bénéficié d’une formation renforcée consacrée à la création et à la gestion des microentreprises, avec l’appui de la méthodologie TRIE-CREE-GERME du Bureau international du Travail (BIT).

L’enjeu est essentiel : donner aux bénéficiaires non seulement des moyens financiers, mais également des outils de gestion.

Car un financement peut lancer une activité. Il ne garantit pas, à lui seul, sa pérennité.

1,5 million de FCFA pour passer de l’idée à l’activité

Une nouvelle mission s’est rendue à Makokou le 25 août 2026, conduite par le Directeur général du PNPE et l’Administrateur directeur général d’EDG.

Cette étape devait permettre de finaliser le processus d’octroi des subventions.

Le principe retenu est celui d’un financement non remboursable de 1,5 million de FCFA par bénéficiaire.

Pour les 18 lauréats, l’enveloppe représente donc 27 millions de FCFA.

Ce montant constitue le premier capital de leurs futures activités.

Quelques jours plus tard, le 30 août, la séquence prend une dimension présidentielle.

En marge des célébrations de la troisième édition de la Fête de la Libération, les 18 bénéficiaires reçoivent leurs chèques d’amorçage des mains du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Pour ces jeunes entrepreneurs, le symbole est fort.

Le financement quitte le cadre administratif pour devenir un engagement concret.

Le véritable test commence maintenant

La remise des chèques ne constitue pourtant pas l’aboutissement du programme.

Elle marque plutôt le début de l’étape la plus difficile : faire vivre les entreprises.

Les 18 bénéficiaires doivent désormais transformer leur formation et leur financement en activités réelles, génératrices de revenus et, potentiellement, d’emplois.

C’est ici que se jouera la véritable réussite du dispositif.

Car le succès d’Auto-Entrepreneur 241 CBON ne pourra pas être mesuré uniquement au nombre de chèques distribués. Il devra aussi se vérifier dans la durée : entreprises effectivement créées, activités maintenues, chiffre d’affaires généré, emplois éventuellement créés et capacité des bénéficiaires à franchir le cap des premières années.

L’expérience de Makokou offre ainsi un premier laboratoire grandeur nature.

Elle montre qu’un dispositif national peut rapidement trouver un écho lorsqu’il descend au plus près des populations. Elle rappelle aussi qu’entre la remise d’un financement et la création d’une entreprise durable, il existe tout un parcours.

À Makokou, 18 projets viennent de franchir la première ligne.

Le prochain rendez-vous sera celui des résultats.

Thomas René pour Globe Infos

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