Par la rédaction de Globe infos
À l’heure de la passation de charges à la tête de GAB’OIL, ce 5 juin 2026 à Libreville, un constat s’impose : l’entreprise publique pétrolière quitte une zone de turbulences pour entrer dans une phase de consolidation. En seulement dix-sept mois, la Directrice Générale sortante, Renée Patricia Ku-Kumbe Ivigu, a engagé un redressement financier, opérationnel et territorial qui marque durablement l’histoire récente de la société. À travers des indicateurs en nette progression, son mandat apparaît aujourd’hui comme l’un des plus structurants de ces dernières années.
Une passation de charges sous le signe des résultats
La cérémonie de passation de charges entre Renée Patricia Ku-Kumbe Ivigu et son successeur, Éric Sounda, intervient dans un contexte particulier. GAB’OIL n’est plus l’entreprise confrontée aux difficultés de performance et de gouvernance qui alimentaient les inquiétudes il y a encore quelques années.
Sous l’impulsion des plus hautes autorités de l’État, notamment du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, la société nationale a engagé une profonde transformation de son modèle de gestion.
Les chiffres communiqués à l’occasion de cette transition dessinent les contours d’un redressement significatif. Ils témoignent également d’une volonté affirmée de repositionner GAB’OIL comme un acteur central de la souveraineté énergétique du Gabon.
Un redressement financier qui change la trajectoire de l’entreprise
Le premier enseignement du mandat de Renée Patricia Ku-Kumbe Ivigu réside dans l’amélioration spectaculaire des performances financières.
L’indicateur le plus révélateur demeure la valeur ajoutée de l’entreprise. Après plusieurs années de résultats négatifs, celle-ci affiche désormais un solde positif de 1,45 milliard de FCFA. Une évolution qui traduit une meilleure maîtrise des coûts ainsi qu’une optimisation des activités commerciales.
La marge commerciale suit la même dynamique. Entre 2024 et 2025, elle est passée de 2,6 milliards à 4,186 milliards de FCFA. Cette progression résulte notamment d’une gestion plus rigoureuse des stocks et d’une meilleure valorisation des produits distribués.
Par ailleurs, la trésorerie a été maintenue à un niveau élevé. Elle atteint 6,9 milliards de FCFA contre 6,7 milliards lors de la prise de fonction de la Directrice Générale sortante. Cette performance mérite d’être soulignée, car elle a été obtenue malgré la conduite simultanée de plusieurs investissements stratégiques.
En d’autres termes, GAB’OIL a réussi à investir sans fragiliser ses équilibres financiers.
Gouvernance et transparence : le retour de la crédibilité institutionnelle
Au-delà des résultats comptables, le mandat de Renée Patricia Ku-Kumbe Ivigu a également été marqué par un effort de normalisation de la gouvernance.
La certification des comptes des exercices 2021, 2022 et 2023 constitue l’un des acquis majeurs de cette période. Cette démarche répond à une exigence devenue incontournable dans les entreprises publiques : celle de la transparence financière et de la redevabilité.
Dans un contexte où les investisseurs, les partenaires institutionnels et les bailleurs accordent une attention croissante à la qualité de la gouvernance, cette certification renforce considérablement la crédibilité de GAB’OIL.
Ainsi, le redressement financier ne s’est pas limité aux chiffres. Il s’est accompagné d’un travail de fond sur les mécanismes de contrôle et de gestion.
Une expansion territoriale au service de la souveraineté énergétique
L’autre marqueur fort du mandat concerne le développement du réseau national.
En moins d’un an et demi, le nombre de stations-service actives est passé de sept à douze. Cette progression traduit une volonté de rapprocher les infrastructures énergétiques des populations et de renforcer la présence de l’entreprise sur l’ensemble du territoire.
Plusieurs projets structurants approchent également de leur phase d’achèvement. Les chantiers de Bikélé, Moanda et Moabi affichent respectivement des taux d’exécution de 90 %, 85 % et 65 %.
Ces investissements répondent à un enjeu stratégique majeur : garantir un accès plus équilibré aux produits pétroliers et réduire les disparités territoriales en matière d’approvisionnement énergétique.
Dans un pays où les questions logistiques demeurent déterminantes pour le développement économique, cette politique d’expansion constitue un levier important de croissance.
Le retour du gaz domestique, un enjeu social majeur
L’action menée ne s’est pas limitée aux carburants.
GAB’OIL a également relancé son activité dans le segment du gaz domestique grâce à l’acquisition de 10 000 bouteilles et à la réhabilitation d’infrastructures dédiées.
Cette initiative possède une forte dimension sociale. En effet, l’accès au gaz constitue un enjeu quotidien pour des milliers de ménages gabonais.
Au-delà de l’aspect économique, cette stratégie participe à l’amélioration des conditions de vie des populations tout en respectant les exigences en matière d’hygiène, de sécurité et d’environnement.
Elle illustre également la volonté de faire de GAB’OIL un acteur au service direct des besoins des citoyens.
Un héritage qui fixe un cap pour la nouvelle direction
Au moment de quitter ses fonctions, Renée Patricia Ku-Kumbe Ivigu a résumé son état d’esprit en une formule simple :
«« Je pars avec le sentiment du devoir accompli et une loyauté sans faille envers les institutions. »»
Cette déclaration reflète la philosophie qui a accompagné son mandat : restaurer la performance tout en consolidant les fondements institutionnels de l’entreprise.
Pour Éric Sounda, désormais à la tête de GAB’OIL, le défi sera double. Il devra préserver les acquis enregistrés ces dix-sept derniers mois tout en accélérant la transformation engagée.
La prochaine étape pourrait notamment consister à renforcer la rentabilité des investissements réalisés, poursuivre l’extension du réseau national et consolider davantage le rôle de l’entreprise dans la stratégie énergétique du Gabon.
un tournant dans l’histoire récente de GAB’OIL
Rarement une période aussi courte aura produit des résultats aussi visibles au sein de GAB’OIL. En dix-sept mois, Renée Patricia Ku-Kumbe Ivigu a réussi à redresser les indicateurs financiers, renforcer la gouvernance, étendre la présence territoriale de l’entreprise et relancer des activités stratégiques pour les ménages gabonais.
Au-delà du bilan comptable, son passage à la direction générale laisse l’image d’une gestion fondée sur la rigueur, l’anticipation et l’exécution. Une page se tourne aujourd’hui, mais une question demeure : la dynamique enclenchée sera-t-elle suffisamment consolidée pour permettre à GAB’OIL de devenir, à moyen terme, l’un des piliers de la souveraineté énergétique du Gabon ?Évaluation éditoriale