Par Globe infos « le monde décrypté depuis le Gabon »
Libreville, le 16 juillet 2026. L’Union européenne devient ainsi le cinquième marché à homologuer la version orale du traitement contre l’obésité. Cette décision intervient en effet huit mois après l’approbation américaine. Or, le titre du laboratoire danois a progressé mercredi à l’annonce de cette nouvelle, dans un marché des anti-obésité désormais de plus en plus disputé.
Un cinquième feu vert mondial
La Commission européenne a accordé, mercredi 15 juillet, une autorisation de mise sur le marché pour le comprimé oral de Wegovy, que développe le laboratoire danois Novo Nordisk. Cette décision fait ainsi du comprimé le premier agoniste du récepteur GLP-1 disponible en pilule pour la prise en charge du poids. Les vingt-sept États membres y ont désormais accès.
L’autorisation intervient après un avis favorable du Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicaments, rendu en mai. Elle porte ainsi à cinq le nombre de marchés qui homologuent désormais le comprimé. Les États-Unis, le Royaume-Uni, les Émirats arabes unis et Bahreïn l’avaient en effet précédé. Par ailleurs, la Commission a validé, le même jour, un stylo à dose unique pour la version injectable renforcée de Wegovy, dosée à 7,2 mg.
Une progression boursière immédiate
De fait, l’action Novo Nordisk a gagné environ 2,5 % mercredi. Cette hausse a suivi l’annonce de la double approbation, selon plusieurs médias financiers américains. Elle reste toutefois ponctuelle. En effet, le titre demeure en repli sur l’ensemble de l’année 2026. Le groupe fait face, par ailleurs, à une pression tarifaire croissante aux États-Unis. Il doit aussi composer avec la concurrence de son rival américain Eli Lilly.
Une adoption rapide aux États-Unis
La FDA a d’abord approuvé le comprimé de sémaglutide outre-Atlantique, le 22 décembre 2025. Les patients le prennent une fois par jour, à raison de 25 mg. Son lancement commercial aux États-Unis a ensuite suivi début janvier 2026.
Son adoption y a été, dès lors, particulièrement rapide. Novo Nordisk a en effet annoncé début juin avoir franchi le cap des trois millions d’ordonnances délivrées. Le laboratoire a atteint ce chiffre en un peu plus de cinq mois seulement. Il présente d’ailleurs ce rythme comme l’un des plus soutenus de l’histoire pharmaceutique américaine récente. Plus de 80 % de ces prescriptions concerneraient notamment des patients n’ayant jamais suivi de traitement à base d’agonistes du GLP-1. Selon l’entreprise, ce chiffre témoigne ainsi d’un élargissement du marché, plutôt que d’un simple report de patients déjà traités par injection.
Le Royaume-Uni, précurseur européen
Le Royaume-Uni avait d’ailleurs ouvert la voie le 11 juin. La Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) britannique était alors devenue la première autorité européenne à autoriser la forme orale du traitement. Elle a ainsi devancé l’Union européenne de plusieurs semaines.
Seule la prescription privée y donne accès, pour l’instant. Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) doit cependant encore évaluer le dossier. Il déterminera, à terme, si le système public de santé remboursera un jour le traitement.
Une efficacité jugée comparable à l’injection
L’homologation européenne s’appuie sur le programme d’essais cliniques OASIS. L’étude de phase 3 OASIS 4 en constitue, à cet égard, le pilier principal. Elle a en effet porté sur 307 adultes obèses ou en surpoids, présentant au moins une comorbidité.
Les participants ayant suivi le traitement de façon rigoureuse ont ainsi perdu en moyenne environ 17 % de leur poids corporel. Le groupe placebo n’a, quant à lui, perdu que 3 % en moyenne. Cette proportion reste proche de ce qu’affiche la version injectable hebdomadaire, dosée à 2,4 mg. Le taux d’arrêt de traitement lié aux effets indésirables serait par ailleurs comparable à celui du placebo. Le laboratoire a fourni ces données, qu’aucune vérification indépendante n’a cependant confirmées à ce stade.
Un marché de plus en plus concurrentiel
Cette percée européenne intervient en effet dans un contexte de concurrence croissante. Eli Lilly a obtenu en avril l’aval de la FDA pour son propre comprimé, le Foundayo (orforglipron). Le groupe américain a également engagé des démarches réglementaires similaires auprès de plusieurs autorités, dont l’Union européenne.
Novo Nordisk conserve néanmoins, pour l’instant, une avance calendaire sur ce segment. Le laboratoire a d’ailleurs indiqué son intention de lancer le comprimé de Wegovy dans de nouveaux pays. L’entreprise prévoit ce déploiement pour le second semestre 2026.
Au-delà de l’efficacité clinique
Désormais, l’enjeu ne se limite donc plus à l’efficacité du traitement. Il porte surtout sur la capacité des deux groupes à transformer cette adoption rapide en accès élargi et durable. Les prix et les conditions de remboursement varient en effet sensiblement d’un marché à l’autre.