Tchad : Cinq ans après la mort du Maréchal, l’héritage de fer et de sable d’Idriss Déby Itno

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Ce lundi 20 avril 2026, N’Djamena s’est figée pour commémorer le cinquième anniversaire de la disparition du « Guerrier-Président ». Entre émotion filiale et realpolitik, le message du Président Mahamat Idriss Déby Itno, lu par son Premier ministre, sonne comme un rappel : le Tchad est resté debout.

Par la Rédaction de Globe infos

Le 19 avril est désormais, au Tchad, une date « inscrite dans le marbre de l’histoire ». Dans la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères, l’atmosphère de ce lundi matin oscillait entre le deuil national et la réaffirmation d’une souveraineté jalousement gardée. Cinq ans après l’annonce sidérante de la mort d’Idriss Déby Itno, tombé l’arme à la main face aux rebelles du Fact, l’heure n’était plus seulement aux larmes, mais au bilan d’une transition qui a survécu aux tempêtes.

« Que va devenir le Tchad ? » : Le spectre du chaos conjuré

C’est le Premier ministre, l’ambassadeur Allamaye Halina, qui a porté la voix du chef de l’État Mahamat Idriss Déby Itno. Dans une allocution d’une rare densité, le fils du défunt Maréchal a ravivé les souvenirs de ce jour funeste de 2021. Il a rappelé l’incertitude qui avait alors saisi N’Djamena : les écoles évacuées, les commerces clos, le pont à double voie pris d’assaut par des familles cherchant le salut.

« Dans ces instants de tempête, l’hésitation est une trahison », a martelé le Président via son représentant. Un plaidoyer pro domo pour justifier la prise de responsabilité immédiate du Conseil Militaire de Transition (CMT) à l’époque, une décision prise, selon ses mots, par « devoir de survie » plutôt que par goût du pouvoir.

Le Dialogue National comme bouclier

L’article de foi de ce cinquième anniversaire est clair : la réussite du retour à l’ordre constitutionnel. Le successeur du Maréchal a tenu à souligner que si le pays n’a pas sombré dans l’abîme, c’est grâce au Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS).

Cette « main tendue », devenue la marque de fabrique de la transition, a permis le retour d’exilés de longue date et l’intégration de forces vives autrefois opposées au régime. Pour le pouvoir en place, la transition tchadienne est devenue un « exemple » de consensus dans une région sahélienne pourtant marquée par l’instabilité et les ruptures brutales.

Le MPS, une idéologie qui survit à son bâtisseur

Le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), représenté par son Secrétaire Général Aziz Mahamat Saleh, a profité de cette commémoration pour afficher sa vigueur. L’allocution présidentielle a d’ailleurs envoyé un message cinglant aux détracteurs du parti : « Une idéologie ne meurt jamais ».

Pour pérenniser cette mémoire, deux projets majeurs ont été annoncés :
1. La construction d’un Musée national dédié à l’histoire du mouvement et des martyrs.
2. Une Bibliothèque de référence pour sauvegarder le patrimoine politique du Tchad.

L’objectif est limpide : transformer la figure du Maréchal en une « boussole » pour les générations futures, un patrimoine national qui dépasse les clans et les appartenances géographiques.

L’ombre du Maréchal, gage de stabilité

Au-delà de l’hommage au « père exemplaire », le discours de Mahamat Idriss Déby Itno s’est voulu un acte de gratitude envers le peuple tchadien, dont la « maturité exemplaire » a évité la déchirure. En comparant subtilement la situation du Tchad à celle de certains pays voisins sans les nommer, le Président a invité ses compatriotes à « être fiers » du chemin parcouru.

Cinq ans après, le Maréchal Idriss Déby Itno n’est plus seulement un souvenir figé. Il est devenu le socle d’une légitimité que son successeur consolide par le dialogue et la fermeté militaire. Le Tchad de 2026, bien que confronté à d’immenses défis de développement, semble avoir fait sien le serment du défunt : tenir debout, « quoi qu’il en coûte ».

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