À Mbaïbokoum, la prévention des conflits passe aussi par l’écoute, l’accompagnement psychosocial et la mobilisation des femmes, des jeunes et des acteurs communautaires.
Par la rédaction de Globe infos
À Mbaïbokoum, dans le département des Monts de Lam, femmes leaders, jeunes et représentants des associations de commerçants ont échangé autour d’un enjeu essentiel : prévenir les conflits intercommunautaires et mieux accompagner les populations confrontées aux crises humanitaires.
À Mbaïbokoum, la construction de la paix ne se résume pas à faire taire les tensions. Elle passe aussi par l’écoute, la compréhension des traumatismes et la capacité des communautés à retrouver progressivement confiance.
C’est tout l’enjeu d’une séance de sensibilisation consacrée à la prévention des conflits intercommunautaires et à l’accompagnement psychosocial. Des femmes leaders d’organisations et de groupements féminins, des représentants d’associations de commerçants ainsi que des jeunes ont pris part aux échanges.
L’objectif était de renforcer la compréhension des mécanismes de prévention et de rappeler l’importance d’un accompagnement psychosocial avant, pendant et après les conflits et les crises humanitaires.
La paix commence aussi par l’écoute
Dans les situations de crise, les besoins matériels apparaissent souvent comme les plus urgents. Sécurité, alimentation, logement ou soins occupent naturellement le devant de la scène. Pourtant, les conséquences humaines d’un conflit peuvent se prolonger bien après le retour au calme.
Les survivants peuvent rester marqués par les événements vécus. Les personnes déplacées doivent parfois reconstruire leur quotidien dans un nouvel environnement, tandis que les communautés hôtes doivent composer avec de nouvelles réalités sociales.
Dans ce contexte, l’assistance psychosociale prend une dimension particulière. Elle contribue à l’écoute des personnes affectées et peut participer à la reconstruction de la confiance au sein des familles et des communautés.
La séance de Mbaïbokoum a précisément permis d’aborder ces difficultés et de mettre en lumière la nécessité de ne pas dissocier la recherche de la paix de la prise en compte des souffrances liées aux crises.
Les femmes, des relais essentiels
La mobilisation des femmes constitue l’un des points forts de cette initiative.
Présentes au sein des organisations et des groupements féminins, elles peuvent jouer un rôle important dans la sensibilisation et la transmission des messages de prévention au sein des communautés. Leur participation, aux côtés des jeunes et des représentants des commerçants, a permis d’élargir les échanges et de confronter différentes expériences.
Cette approche rappelle que la prévention des conflits ne relève pas uniquement des institutions. Elle se construit aussi dans les familles, les associations, les quartiers et les espaces de dialogue.
À l’échelle locale, ces acteurs sont souvent au contact direct des populations. Leur capacité à écouter, à identifier les difficultés et à favoriser le dialogue peut contribuer à limiter les tensions et à renforcer les mécanismes communautaires de résilience.
Les blessures invisibles des crises
Animée par Djamadjibeye Pélagie, assistante psychosociologue, la séance a permis d’échanger sur les difficultés rencontrées par les survivants, les personnes déplacées et les communautés hôtes.
Les discussions ont notamment porté sur les conséquences possibles d’une absence ou d’un manque d’accompagnement psychosocial. Traumatismes et souffrances psychiques peuvent affecter durablement les personnes confrontées à des situations de crise.
Cette réalité appelle une attention particulière. L’accompagnement psychosocial ne devrait pas être considéré comme une réponse secondaire, mobilisée uniquement après les interventions d’urgence. Il participe également au processus de reconstruction individuelle et collective.
L’écoute constitue, à ce titre, un premier outil de prévention. Elle permet de mieux comprendre les difficultés vécues et, lorsque cela est nécessaire, d’orienter les personnes vers une prise en charge adaptée.
Construire la paix au plus près des communautés
L’expérience de Mbaïbokoum met ainsi en évidence une dimension souvent décisive de la construction de la paix : son ancrage local.
Les femmes, les jeunes, les associations et les autres acteurs communautaires peuvent contribuer à maintenir le dialogue et à renforcer la prévention lorsque les tensions apparaissent. Leur implication permet également de mieux faire remonter les préoccupations des populations.
Cette dynamique prend tout son sens dans le cadre du projet « Voix et Actions des Femmes pour la Paix dans le département des Monts de Lam », qui entend mobiliser les acteurs locaux autour de la prévention et de la paix.
Au-delà des échanges, la rencontre aura surtout permis de rappeler une évidence : une communauté ne se reconstruit pas uniquement en réparant ses infrastructures. Elle doit aussi pouvoir réparer ses liens.
À Mbaïbokoum, le dialogue engagé autour de l’accompagnement psychosocial place donc la prévention, l’écoute et la mobilisation communautaire au cœur d’une même ambition : favoriser une paix durable, construite avec les populations et au plus près de leurs réalités.
Alphonsine pour Globe Infos « Le monde décrypté depuis le Gabon »
