Par Thomas René pour Globe infos
Libreville, 4 août 2026. Le chômage des jeunes demeure l’un des principaux défis économiques du Gabon. Face à cette réalité, les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour favoriser l’auto-emploi. L’objectif est clair : offrir de nouvelles perspectives professionnelles à une jeunesse que la fonction publique ne peut plus absorber à elle seule.
C’est dans ce contexte que la Société des Boissons Rafraîchissantes du Gabon (SOBRAGA), la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG) et le Programme national de promotion de l’emploi (PNPE) ont signé, mardi à Libreville, une convention tripartite. Ce partenariat donne naissance au programme « Épicerie 241 ». La première phase permettra à dix jeunes Gabonais de créer leur propre commerce grâce à un accompagnement complet.
Une réponse concrète au chômage des jeunes
Au-delà d’une simple signature, les trois partenaires affichent une ambition commune. Ils veulent démontrer que l’entrepreneuriat peut devenir une véritable réponse au chômage.
En effet, les autorités gabonaises encouragent désormais la création d’activités génératrices de revenus. Cette stratégie complète les dispositifs classiques d’accès à l’emploi. Elle vise également à renforcer le tissu économique local.
Un partenariat fondé sur des compétences complémentaires
Chaque partenaire apporte son expertise.
La SOBRAGA met à disposition son expérience du commerce de proximité. La BCEG facilite l’accès aux mécanismes de financement. De son côté, le PNPE assure la formation des bénéficiaires ainsi que leur accompagnement technique.
Ainsi, le programme ne se limite pas à une aide financière. Il repose sur un accompagnement progressif destiné à sécuriser les premières années d’activité des jeunes entrepreneurs.
La SOBRAGA mise sur la transmission du savoir-faire
Prenant la parole, le Directeur général de la SOBRAGA, Xavier Jaffret, a rappelé que « Épicerie 241 » est le résultat de plusieurs mois de préparation.
Selon lui, l’entreprise souhaite partager son savoir-faire avec une nouvelle génération d’entrepreneurs. L’objectif est de leur donner toutes les chances de réussir durablement.
Par ailleurs, le lancement du programme coïncide avec le soixantième anniversaire de la SOBRAGA au Gabon. Pour l’entreprise, cet anniversaire constitue l’occasion de renforcer son engagement sociétal en faveur de la jeunesse.
Un investissement de 100 millions de FCFA
Cette première phase bénéficie d’une enveloppe globale de 100 millions de francs CFA.
Contrairement à une idée souvent répandue, cette somme ne correspond pas uniquement à un financement accordé aux bénéficiaires. Elle couvre l’ensemble du dispositif. Elle finance notamment la formation, la mise en activité des jeunes entrepreneurs ainsi que leur accompagnement après l’ouverture de leurs commerces.
Une sélection réalisée à partir des profils enregistrés au PNPE
Tous les demandeurs d’emploi souhaitant bénéficier des dispositifs du PNPE sont d’abord enregistrés dans les bases de données de l’établissement.
Ensuite, les bénéficiaires sont retenus en fonction des profils recherchés pour chaque projet. « Épicerie 241 » ne déroge pas à cette règle.
Les dix entrepreneurs retenus constituent donc la première cohorte du programme. Cette promotion rassemble cinq femmes et cinq hommes âgés de 25 à 45 ans. Toutefois, elle n’a pas vocation à être la seule. D’autres vagues de bénéficiaires seront progressivement sélectionnées selon les besoins et les profils identifiés.
Un accompagnement jusqu’à l’autonomie
Pour le Directeur général du PNPE, Pascal Franck Nzé, le succès d’un projet ne dépend pas uniquement du financement.
Les bénéficiaires seront suivis durant les différentes étapes de leur développement. Ils recevront des conseils techniques et un accompagnement personnalisé. Ce suivi se poursuivra jusqu’à ce qu’ils soient capables de gérer leur activité en toute autonomie.
Autrement dit, l’objectif est de leur permettre de « voler de leurs propres ailes » tout en consolidant durablement leurs entreprises.
L’entrepreneuriat comme alternative à la fonction publique
Le Directeur général du PNPE a également replacé cette initiative dans une perspective plus large.
Selon lui, la fonction publique ne peut plus accueillir tous les demandeurs d’emploi. Dès lors, l’entrepreneuriat apparaît comme une solution crédible pour favoriser l’insertion professionnelle.
De plus, chaque entreprise créée peut générer de nouveaux emplois. L’impact attendu dépasse donc largement les seuls bénéficiaires de cette première cohorte.
Les bénéficiaires affichent leurs ambitions
Pour les jeunes entrepreneurs, cette initiative représente une véritable opportunité.
L’une des bénéficiaires espère atteindre rapidement son autonomie financière. À terme, elle ambitionne même d’ouvrir plusieurs commerces afin de créer de nouveaux emplois.
Un autre participant estime que ce programme envoie un signal positif à la jeunesse gabonaise. Selon lui, il est désormais possible de construire son avenir en développant sa propre entreprise.
Un appel lancé aux entreprises gabonaises
Au terme de la cérémonie, Pascal Franck Nzé a invité les entreprises publiques, parapubliques et privées à rejoindre cette dynamique.
Selon lui, la lutte contre le chômage nécessite une mobilisation collective. L’État ne peut agir seul. C’est pourquoi il encourage les entreprises à développer davantage d’initiatives de responsabilité sociétale en partenariat avec le PNPE.
La SOBRAGA est ainsi présentée comme un exemple susceptible d’inspirer d’autres acteurs économiques.
Une première étape avant un déploiement plus large
Cette première cohorte constitue avant tout une phase pilote.
Si les résultats sont concluants, le dispositif sera progressivement élargi. D’autres demandeurs d’emploi enregistrés au PNPE pourront alors intégrer les prochaines vagues de sélection selon les profils recherchés.
Au final, « Épicerie 241 » dépasse largement le cadre de dix ouvertures de commerces. Le programme ambitionne de démontrer qu’en associant formation, financement, accompagnement et engagement du secteur privé, l’entrepreneuriat peut devenir un levier durable de création de richesses, d’emplois et de croissance inclusive au Gabon.
Thomas René SHE
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