[Gabon-Enseignement supérieur] Le CRAHI dévoile deux œuvres majeures : la migration des enfants d’Afri-Kara au cœur de l’exégèse académique*

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Par la rédaction de Globe infos

*Le vendredi 6 mars dernier, au sein de l’illustre Université Omar Bongo de Libreville, d’éminents enseignants-chercheurs ont procédé à la présentation solennelle de deux ouvrages du Centre de Recherches Afro-Hispaniques (CRAHI), placés sous l’égide de son directeur, le maître de conférences CAMES Mathurin Ovono Ebe.*

Fondé en 2003 et fort de plus de dix-sept docteurs chevronnés, le CRAHI s’affirme aujourd’hui comme un pôle d’excellence incontournable dans le paysage scientifique gabonais. Cette cérémonie de présentation était l’occasion de mettre en lumière deux publications d’une rare densité intellectuelle : les actes du colloque international tenu en hommage au pionnier Doulo Bonfils, et la traduction française de l’une de ses œuvres fondatrices, initialement rédigée en langue boulou.

Ces deux opus, loin d’être de simples publications institutionnelles, témoignent de la vitalité créatrice et de l’ambition scientifique d’un centre résolument tourné vers les grandes problématiques contemporaines : subalternité, colonialité et identité culturelle africaine.

La seconde publication présentée constitue sans doute la contribution la plus audacieuse de cette journée : la traduction française d’une œuvre de qualité, auteur d’expression, réalisée par l’une des chercheuses attitrées du CRAHI. Par cette initiative courageuse, le centre s’emploie à arracher l’héritage littéraire de cet auteur à l’étroit périmètre de la sphère de chercheurs pour le projeter sur la scène internationale, là où il mérite de trôner.

Mais au-delà du geste traductologique, c’est une véritable révélation identitaire que recèle cet ouvrage. L’auteur y remet en cause la frontière même de ce que l’on désigne par le vocable « fang » : selon sa démonstration, tous ceux que l’on nomme communément Fang ne le sont pas. Une thèse déstabilisatrice, qui a suscité des débats passionnés dans l’amphithéâtre et rouvert des questionnements profonds sur la construction des appartenances ethniques et culturelles en Afrique centrale.

« *Il était normal de sortir l’œuvre de son cercle fermé pour la présenter à la communauté internationale. L’intérêt de cette publication est de revenir sur la question globalisante du Fang. »* Mathurin Ovono Ebe, Directeur du CRAHI

À travers ces deux publications, le CRAHI confirme sa vocation de laboratoire d’idées engagé, capable de croiser regards africains et perspectives hispanophones pour élaborer une pensée décoloniale rigoureuse et féconde. En vingt ans d’existence, ce centre a su forger une identité scientifique singulière, alliant l’exigence académique à une profonde sensibilité aux réalités du continent.

Nul doute que Hispanitas continuera de s’imposer comme un espace de pensée souveraine, à l’heure où l’Afrique revendique, plus que jamais, le droit de narrer elle-même ses propres récits.

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