Gabon politique RPG : Raphaël Edzang investi, entre promesses de rupture et défi de la crédibilité

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Par la rédaction de Globe infos 

Libreville, le 28 juin 2026. Le Rassemblement pour le Gabon (RPG) a officiellement investi son nouveau président, Raphaël Edzang, samedi 27 juin 2026, au siège du parti à Petit-Paris. Le discours d’investiture, axé sur la vérité, le collégialisme et la lutte contre la pauvreté, marque une nouvelle étape pour cette formation historique de l’opposition.

Une page se tourne au Rassemblement pour le Gabon. Élu sans opposition le 21 février dernier, à l’issue du 9ᵉ congrès ordinaire du parti, Raphaël Edzang a officiellement pris ses fonctions ce samedi. La cérémonie s’est déroulée au siège national, dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville. Militants, cadres et sympathisants ont assisté à la remise des attributs traditionnels du pouvoir, dont le collier et la canne de commandement.

Un hommage appuyé aux figures fondatrices

Dans son discours, le nouveau président a d’abord rendu grâce et exprimé sa reconnaissance envers les ancêtres. Il a ensuite salué la mémoire de son oncle, l’ancien gendarme Jean-François Ondo, qui l’avait conduit à rejoindre le RPG en 2008. Raphaël Edzang a également remercié le père Paul Mba Abessole, fondateur du parti, dont l’héritage continue de structurer l’identité du RPG.

Le président entrant a tenu à saluer son prédécesseur, Laurent Angue Mezui, ainsi que toute son équipe sortante. Selon lui, cette équipe a su préserver la crédibilité et la visibilité du parti. Pourtant, le contexte politique restait particulièrement difficile. La transition institutionnelle et la suspension temporaire des activités partisanes avaient fragilisé l’ensemble de l’échiquier politique gabonais.

Une ambition sociale inchangée, un nouveau cap institutionnel

Le RPG revendique depuis plus de trente ans un même projet de société. L’école pour tous, la santé accessible, l’emploi et le logement digne demeurent les priorités affichées. Raphaël Edzang y ajoute la défense des droits humains, la liberté de la presse et la valorisation des langues nationales.

Le nouveau président a surtout insisté sur une valeur : la vérité. « Nous voulons rechercher la vérité, défendre la vérité et dire la vérité », a-t-il déclaré devant l’assemblée. Cette ligne doit, selon lui, permettre au peuple gabonais de bâtir son avenir en pleine connaissance de cause.
Sur le plan institutionnel, le RPG propose une réflexion nationale inédite. Le parti souhaite ainsi remplacer le pouvoir présidentiel unique par un système collégial. Cette gouvernance horizontale associerait plusieurs personnalités au sein d’un même collège. D’après le texte du discours, cette réforme mettrait fin à l’élection présidentielle telle qu’elle existe aujourd’hui.

La pauvreté comme angle d’attaque économique

Au-delà des discours de circonstance, le nouveau président a précisé sa lecture du problème de la pauvreté. Celle-ci ne se limite pas, selon lui, à un manque de productivité. Elle découle aussi de l’insuffisance et du coût élevé des services essentiels. L’eau, l’électricité, le gaz, l’éducation et le transport restent, dit-il, inégalement accessibles.

Le RPG défend donc ce qu’il appelle une « économie du bonheur ». Cette approche place le bien-être des populations, et non la seule richesse économique, au centre de l’action publique. Le parti entend ainsi se distinguer des modèles de développement classiques, jugés trop importés et déconnectés des réalités africaines.

Une transition de plus dans un parti en quête de stabilité

Cette investiture s’inscrit toutefois dans un historique de changements répétés à la tête du RPG. Fondé à la fin des années 1990 par Paul Mba Abessole, le parti a connu plusieurs présidences successives depuis le retrait politique de son fondateur. Laurent Angue Mezui occupait la fonction depuis juillet 2024, après Célestin Nguema Oyame.

Cette instabilité interroge certains observateurs sur la capacité du RPG à se relancer durablement. Le nouveau slogan du parti, « Le changement, c’est maintenant », illustre cette volonté de rupture. Reste à savoir si cette nouvelle direction parviendra à transformer ces engagements en résultats concrets, dans un paysage politique gabonais lui-même en pleine recomposition depuis l’installation des nouvelles institutions post-transition.

Rédaction Globe Infos/ Le monde décrypté à partir du Gabon.

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