Gabon : les praticiens des rites ancestraux lancent la HART-CSG pour structurer leur secteur

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Par la rédaction de Globe infos

La Haute Autorité des Rites, Traditions Authentiques et Chefferies sacrées du Gabon (HART-CSG) a effectué sa première sortie officielle à la mairie du premier arrondissement de Libreville. Cet événement marque l’aboutissement de la structuration légale de l’association, dont les statuts sont désormais validés. Les fondateurs ambitionnent ainsi de réguler les pratiques traditionnelles et d’assainir le secteur. Par ailleurs, la structure attend désormais la délivrance physique de son récépissé définitif par le ministère de l’Intérieur pour finaliser son déploiement.

Une quête de légitimité et d’ancrage institutionnel

Les traditions séculaires gabonaises s’adaptent aux exigences de la gouvernance moderne. En effet, le bureau provisoire de la HART-CSG s’est réuni dans la salle des fêtes de la mairie du premier arrondissement de Libreville. Cette première sortie officielle concrétise de nombreuses années de travaux menés dans l’ombre par les chefs traditionnels. Les fondateurs de l’instance affichent une ambition claire, celle de faire reconnaître leur regroupement comme un organe consultatif d’utilité publique. Toutefois, l’obtention formelle de ce statut dépend encore de la publication des prochains décrets des autorités de la transition.

Cette initiative répond à un besoin pressant d’organisation au sein des communautés spirituelles du pays. Selon les responsables, la validation interne des statuts marque une étape décisive pour la reconnaissance des savoirs endogènes. Dès lors, l’association se positionne comme un interlocuteur structuré face aux pouvoirs publics.

Un organigramme rigoureux entre tradition et modernité

Pour piloter ses chantiers stratégiques, la HART-CSG se dote d’une architecture administrative particulièrement hiérarchisée. L’institution s’articule ainsi autour du Conseil d’administration du Bwendje et de la Chambre des Guides Spirituels, Gardiens et dépositaires des connaissances. Par ailleurs, la gestion opérationnelle revient à un Secrétariat exécutif national. Ce dernier intègre un Secrétaire exécutif, son adjoint, un Trésorier principal ainsi que son adjoint.

Neuf départements spécialisés complètent ce dispositif institutionnel pour couvrir l’ensemble des prérogatives de la structure. Ces pôles traitent notamment de la communication, des relations extérieures, de la médecine traditionnelle et du patrimoine matériel ou immatériel. En outre, des cellules spécifiques se chargeront de la protection des forêts, des fleuves et des sites sacrés du territoire gabonais.

Moraliser le secteur face aux praticiens « par infraction »

L’enjeu majeur de cette structuration réside dans la volonté d’assainir une corporation en proie à de nombreuses dérives. Les responsables de la HART-CSG affirment vouloir lutter activement contre les usurpations d’identité et le charlatanisme. Ainsi, l’organisation a lancé une campagne d’adhésions grand public pour identifier formellement les véritables initiés.

Les futurs membres se sont présentés massivement pour obtenir leur enrôlement et leur carte d’adhérent sécurisée avec photographie. Philomène, une participante de la première heure, exprime un profond soulagement face à ce dispositif :
« Enfin, nous qui étions calomniés, méprisés, stigmatisés, nous avons maintenant une véritable tribune d’expression et de régulation. Plusieurs personnes sont dans ce secteur par infraction. Au regard du plan d’action lu par le secrétariat exécutif, j’ai foi que cette fois c’est la bonne. »

En imposant ce cadre, la HART-CSG espère redonner ses lettres de noblesse à un patrimoine culturel souvent marginalisé.

Le défi de l’autonomie financière et de l’éthique

Le fonctionnement de cette nouvelle autorité repose sur la contribution financière de ses membres actifs. En effet, les textes prévoient une cotisation obligatoire de 10 000 francs CFA par mois (environ 15 euros) pour chaque adhérent. Lors de son allocution, Paul Imbong, deuxième vice-président de la HART-CSG, a appelé ses pairs à assumer collectivement cette charge.

Cependant, le dirigeant a tenu à rappeler les obligations éthiques qui inconnent aux guérisseurs et aux guides spirituels. Il a exhorté les praticiens à mettre leurs connaissances à la disposition des patients sans prioriser l’aspect pécuniaire. Pour l’heure, les détails du budget global et les mécanismes de contrôle interne de ces fonds n’ont pas fait l’objet de précisions additionnelles.

Un mouvement régional en quête de reconnaissance

La démarche gabonaise résonne directement avec d’autres initiatives similaires observées sur le continent africain. De fait, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et centrale tentent d’intégrer les tradipraticiens dans des cadres légaux ou sanitaires. Le Bénin et le Cameroun ont notamment initié des réformes pour encadrer ces professions ancestrales.

Toutefois, la cohabitation entre la médecine conventionnelle et les pratiques traditionnelles suscite parfois des réserves au sein du corps médical. L’intégration de ces structures dans le paysage institutionnel moderne demeure un processus complexe en Afrique francophone.

Perspectives et prochaines étapes

Le Secrétariat exécutif national a d’ores et déjà présenté son plan d’action pour l’horizon 2026, structuré autour de douze axes stratégiques. L’évolution de la HART-CSG dépendra fortement des prochaines interactions avec le ministère gabonais de l’Intérieur. Le retrait physique du récépissé définitif et l’analyse de la demande d’utilité publique constitueront les véritables indicateurs de son poids politique et social à Libreville.

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