Par la rédaction.
Libreville le 17 Avril 2026. Au Gabon, la Task Force des finances n’est plus seulement une commission d’audit ; elle est devenue le centre d’un bras de fer impitoyable. Alors qu’elle affiche un bilan comptable spectaculaire, l’institution subit des assauts coordonnés qui révèlent la profondeur des résistances au sein de l’appareil étatique.
La Task Force de la dette, fer de lance de l’orthodoxie financière sous l’ère du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, fait face à une virulente campagne de déstabilisation. Entre audits musclés et recouvrements records, l’institution dérange les réseaux d’influence habitués à l’opacité.
L’institution, initialement créée en 2021 et relancée avec vigueur en 2023 par le chef de l’État, se trouve aujourd’hui au cœur d’une tempête médiatique. Bien que ses résultats comptables soient jugés flatteurs par les observateurs économiques, une machine de décrédibilisation semble s’être mise en branle. Cette offensive soulève une question fondamentale pour la transition gabonaise : qui a intérêt à voir tomber le gendarme des finances publiques ?
Un bilan comptable qui bouscule les intérêts établis
Depuis sa réactivation, la Task Force affiche des chiffres qui plaident en sa faveur. Les enquêtes récentes révèlent des acquis majeurs pour le Trésor public. En effet, plus de 900 milliards de FCFA en liquidités ont été recouvrés et reversés dans les caisses de l’État. Par ailleurs, l’institution a orchestré le retour de la Société nationale des bois du Gabon (SNBG) dans le patrimoine national, mettant fin à une cession controversée au Groupe GSEZ pour un franc symbolique.
Cependant, c’est surtout le volet de l’assainissement qui cristallise les tensions. En démantelant des réseaux de surfacturations massives et en annulant des dettes fictives, la Task Force a coupé les vivres à de nombreux intermédiaires. Cette politique de « mains propres » impose un cadre strict pour le paiement des créances, désormais conditionné à des audits rigoureux. Pour les champions de l’immobilisme, cette nouvelle donne est synonyme de manque à gagner.
L’activisme numérique au service d’une « pègre de l’ombre »
La riposte contre l’institution ne se joue pas seulement dans les bureaux, mais aussi sur le terrain de la communication digitale. Plusieurs personnalités de premier plan sont actuellement visées par des attaques ciblées. Parmi elles figurent Pierre Duro, chef de mission de la Task Force, le ministre Ntossui Allogo, ou encore le Procureur de la République, Dick Fabrice Boungou Mikolo.
Ces manœuvres, orchestrées par certains influenceurs comme Wilfried Okoumba Kamitatou Lénine d’Andjongo, semblent répondre à un schéma bien huilé. L’objectif est clair : manipuler l’opinion publique en simulant des traitements inhumains ou en relayant des dossiers en cours de traitement. Néanmoins, cette stratégie a récemment essuyé un revers cinglant. Des opérateurs économiques, cités malgré eux dans ces campagnes, ont publiquement désavoué ces méthodes et présenté leurs excuses aux autorités.
Les défis de la Ve République et l’exigence de transparence
Malgré les obstacles, l’approche de la Task Force demeure inchangée. Le but ultime reste la restauration d’une croissance durable et inclusive à travers une discipline budgétaire de fer. Toutefois, la virulence de la cabale actuelle montre que le chemin vers la Ve République sera parsemé d’embûches. Les résistances au changement sont profondes au sein des structures qui profitaient de l’ancien système.
En définitive, la Task Force ne se contente pas d’auditer des chiffres ; elle audite un système de gouvernance. Sa survie et son efficacité seront le baromètre de la volonté politique à Libreville. Si les pressions occultes s’intensifient, c’est sans doute parce que la traque des rétro-commissions et de la prévarication commence à porter ses fruits. Le bras de fer ne fait que commencer.

