Par la rédaction. Libreville, le 17 Avril 2026.
Selon Jeune Afrique du 16 avril 2026 : « C’est d’ailleurs à son épouse qu’Alain – Claude Bilie-Bi-Nze a confirmé avoir été interpellé pour des soupçons d’escroquerie au sujet d’une affaire vieille de plus de quinze ans, sous la présidence d’Omar Bongo Ondimba. En mai 2008, Bilie-Bi-Nze, proche du Père Paul Mba Abessole au sein du Rassemblement National des Bûcherons (RNB), il était alors ministre délégué auprès du ministre des Transports et de l’Aviation Civile, Pierre-Claver Maganga Moussavou.
Il dirigeait aussi le comité d’organisation de la 9ème édition de la Fête des Cultures à Libreville. C’est dans le cadre de cet évènement que certains prestataires se sont plaints de ne pas avoir été payés par le Trésor Public. Le préjudice s’élèverait à près de 5 millions de francs CFA (7600 euros). Dix-huit ans plus tard, une certaine Baba Ramatou, qui a elle aussi milité au RNB au même moment, a déposé une plainte contre Alain Claude Bilie-Bi-Nze pour réclamer une partie de ce dû ».
Pour le Journal en ligne Gabonactu.com du 16 avril 2016 : « Face à la multiplication des rumeurs sur les réseaux sociaux, le ministère public a tenu à rétablir les faits : L’action publique a été mise en mouvement à la suite d’une plainte déposée par une citoyenne…les faits reprochés à l’ancien chef du gouvernement sont qualifiés d’escroquerie et d’abus de confiance tout en précisant que l’affaire est encore au stade de l’enquête préliminaire. Le parquet insiste ainsi sur la nécessité de vérifier la matérialité des faits avant toute conclusion hâtive. Entrant dans le détail du dossier, le procureur a révélé que les faits dénoncés portent sur le non remboursement allégué d’une somme de cinq millions de francs CFA remise en 2008. Malgré les démarches entreprises par la plaignante au fil des années, la somme n’aurait jamais été restituée ».
L’image de la justice
Si la justice a été saisie pour trancher cette affaire, nous ne doutons pas que les droits des uns et des autres seront respectés pour que toute la lumière soit faite. Les magistrats et, de façon générale la justice, ont à cœur de prouver aux gabonais qu’ils pratiquent un métier noble qui sait rendre justice et équité contrairement à l’idée que l’opinion publique se faisait d’elle, c’est-à-dire, l’idée d’une justice corrompue, aux ordres, comme cela se passe dans tous les régimes présidentialistes où l’exécutif domine sur les deux autres pouvoirs que sont le législatif et le judiciaire. Cet état d’esprit est d’ailleurs partagé par l’ensemble des institutions de la 5 ème République. Nous sommes conscients que cela ne se proclame pas et que la pratique doit le prouver. Nous gageons que la volonté générale est à l’application de la loi et à la justice sociopolitique. Le Président de la République, Chef de l’Etat est le premier à le revendiquer dans ses discours.
A cet titre, la justice va faire la lumière pour éclairer cette affaire et le mis en cause a ses droits qu’il ne manquera de faire prévaloir (présomption d’innocence, c’est-à-dire que nul n’est déclaré coupable si cela n’a pas encore été démontré, la prescription des faits ou l’idée selon laquelle après une certaine durée les faits deviennent caducs et on abandonne les poursuites, règlemente à l’amiable, le respect du secret de l’enquête…). La procédure pourrait déboucher à un classement sans suite de l’affaire à l’engagement des poursuites devant des juridictions compétentes.
Laissons ces questions juridiques à des fins limiers du droit qui, sur ce point sont mieux outillés, et revenons sur le tournant politique que veut prendre cette affaire avec comme accusé d’une certaine opinion, le Président de la République, Chef de l’Etat qui serait derrière cette manœuvre parce que Alain Claude Bilié-Bi-Nze serait un opposant très critique envers le pouvoir en place.
Le président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, a un capital confiance à préserver
Pourquoi le Président de la République Chef de l’Etat voudrait-il que l’opposant Alain Claude Bilié-Bi-Nze aille en prison alors qu’il sait que la démocratie vit d’une majorité et d’une opposition ?
Retenons que la vitalité d’une démocratie se mesure à la façon de traiter ses opposants. Le Président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema qui est en train de se construire un capital confiance au niveau international grâce à une transition menée avec maestria dans le Tiers-Monde, ne voudrait, en si bon chemin, dynamiter le pont qu’il construit vers la démocratie et les standards internationaux. Ces standards internationaux sont très importants pour l’aide au développement. Le dernier sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba en février 2026 a confirmé cette évolution et a invité le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, à redoubler ses efforts en faveur de la démocratie. On ne le dit pas assez, un prix lui a été décerné pour son travail.
Le 18 septembre 2025, le Président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema avait reçu l’opposant Alain Claude Bilié-Bi-Nze pour discuter des questions concernant les préparatifs des élections locales des 27 septembre et 11 octobre 2025. Cette rencontre, vue par de nombreux observateurs comme une main tendue à l’opposant, a rappelé la gestion politique de feu Omar Bongo Ondimba qui souhaitait inclure tous les acteurs politiques et sociaux dans la gestion du pays. Notons que cette rencontre n’a pas plu à tout le monde au sein de l’UDB. Pour certains « udébistes », l’opposant est tellement critique qu’il ne sert à rien de discuter avec lui. A l’opposé, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, dans sa vision inclusive et soucieux de son image à l’extérieur accepte le rôle joué par Alain Claude Bilié-Bi-Nze, tant que son action ne vise pas à détruire les nouveaux fondements de la 5ème République.
Le président de la République ne saurait donc, à cause de ces deux raisons, vouloir faire arrêter son principal opposant. Il ne saurait se rabaisser à l’arrêter pour un motif de 5.000.000 de francs CFA qui peuvent être payés par un accord à l’amiable et qui lui permettrait de recouvrer sa liberté au bout de quelques jours. S’il est si nuisible que cela et qu’il empêche le Chef de l’Etat de ne pas dormir, un motif solide peut être trouvé afin de l’envoyer en prison pour longtemps.
Sachons dissocier les affaires judiciaires privées des affaires politiques.
Pour le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’opposant Alain Claude Bilié-Bi-Nze a sa place sur l’échiquier politique. Ā lui de la saisir, à lui de porter une veste d’opposant sur le terrain et non seulement sur les réseaux sociaux.
La justice suit son cours, les avocats feront valoir leurs arguments mais le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a une réputation internationale à préserver, un pays à construire et un peuple à nourrir. Il sait que l’aide internationale est conditionnée, en partie, par le respect des droits de ses opposants qu’il s’est d’ailleurs empressé à reconnaitre dans la nouvelle Constitution. Il ne va pas chercher à s’attirer des sanctions internationales, qui ont plombé notre force économique, alors que le pays vient d’en sortir. On ne scie pas la branche sur laquelle on est assis.
Dr Fortuné Matsiegui Mboula

