Par Thomas René pour Globe infos 
Le Ministère des Mines et des Ressources Géologiques vient de prendre une décision radicale. Il suspend, sans exception, tous les permis de recherche et d’exploitation de l’or à petite échelle. La mesure s’applique sur l’ensemble du territoire gabonais. Elle frappe un secteur aurifère artisanal jugé hors de contrôle.
Cette suspension intervient au lendemain d’une opération choc. Les autorités ont démantelé un vaste réseau d’exploitation illégale de l’or dans la province de la Ngounié.
Un coup de filet mené avec l’armée
L’opération ne doit rien au hasard. Le ministère des Mines l’a menée conjointement avec celui de la Défense nationale. Le communiqué officiel porte la date du 22 juin 2026.
Sur le terrain, les enquêteurs ont découvert un système minier clandestin d’une ampleur inattendue. Des ressortissants étrangers y participaient, en violation des lois gabonaises. Le ministère dresse un bilan lourd de cette exploitation illégale : elle a porté atteinte à l’ordre public, dégradé l’environnement et ponctionné les ressources nationales. Elle a aussi privé l’État de recettes économiques essentielles.
Toute la filière artisanale à l’arrêt
La décision ne fait aucun tri. À compter de la signature du communiqué, le ministère suspend tous les titres miniers aurifères à petite échelle. Peu importe que leurs détenteurs soient en règle ou non.
Cette approche uniforme répond à un objectif clair : permettre au ministère de reprendre la main sur un secteur devenu incontrôlable. Désormais, aucun opérateur ne peut prospecter, rechercher ou exploiter de l’or sans autorisation expresse de l’administration minière.
Une parenthèse coûteuse pour les opérateurs en règle
Pour les détenteurs de permis qui respectent la loi, la mesure pèsera lourd. Libreville assume ce coût et le présente comme le prix d’un assainissement durable du secteur.
Cinq objectifs derrière la suspension
Le ministère a fixé une feuille de route précise pour cette période de suspension. Il veut :
mener un audit exhaustif de tous les titres miniers aurifères en vigueur ;
vérifier la conformité des activités menées par les détenteurs de permis ;
renforcer les mécanismes de contrôle et de surveillance des sites miniers ;
préserver les intérêts stratégiques de l’État et des communautés riveraines ;
lutter plus efficacement contre l’orpaillage clandestin, la fraude et les trafics associés.
Ces cinq priorités dessinent l’ampleur du chantier de remise en ordre que le gouvernement engage.
Les forces de défense en première ligne
Le ministère ne veut laisser aucune place au contournement. Ses services techniques surveilleront désormais les sites miniers conjointement avec les forces de défense et de sécurité.
Le message envoyé aux contrevenants ne souffre aucune ambiguïté. Quiconque enfreindra la suspension s’expose aux sanctions prévues par la législation minière et pénale gabonaise.
Souveraineté et transparence, le double discours officiel
Le gouvernement réaffirme, par la voix du ministère, sa volonté de garantir une exploitation responsable des ressources minières. Il met en avant la transparence et la souveraineté nationale, deux mots qui reviennent souvent dans le discours officiel sur les matières premières.
L’épisode de la Ngounié teste désormais ce discours en conditions réelles.
Vers une reprise sous conditions
Une question reste en suspens : combien de temps durera cette mesure ? Le communiqué ne fixe aucune échéance. Il parle d’une « suspension provisoire », sans calendrier de levée.
Pour les opérateurs en règle, l’audit annoncé devient désormais l’enjeu central. Ils devront prouver la conformité de leurs titres. À défaut, ils risquent de voir leur activité durablement compromise.
Le ministère, de son côté, appelle tous les acteurs du secteur à coopérer pleinement avec les autorités. Cette opération d’assainissement conditionnera l’avenir de toute une filière.
Communiqué signé à Libreville le 22 juin 2026 par le Ministre des Mines et des Ressources Géologiques.
