Tchad : à N’Djamena, Khadidja Ousman Gondjé veut verdir la cuisson au Sahel

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N’Djamena, le 26 août 2026 (Globe Infos). Sous un hangar métallique du quartier Chagoua, aucune fumée âcre ne vient troubler les essais. Ce lundi 24 août 2026, Khadidja Ousman Gondjé ajuste une vanne tandis que son partenaire d’ingénierie, Haran Nathan, relève les paramètres thermiques. Leur objectif est clair : proposer une solution de cuisson plus propre et plus économe, conçue et assemblée au Tchad.

Dans la capitale tchadienne, la cuisson domestique reste fortement dépendante du bois de chauffe et du charbon de bois. Cette consommation pèse sur les ressources naturelles et sur les dépenses des ménages. Elle expose également les utilisateurs aux fumées issues de la combustion traditionnelle.

Une technologie fondée sur l’efficacité énergétique

L’innovation développée par le tandem repose sur une chambre de combustion conçue pour mieux exploiter l’énergie produite par la biomasse.

Selon Khadidja Ousman Gondjé, le dispositif intègre un processus de pyrolyse contrôlée. Il permet de récupérer et de réinjecter certains gaz produits pendant la combustion afin d’améliorer l’efficacité thermique.

Les concepteurs annoncent un rendement thermique de 68 %, contre 12 à 15 % pour un foyer traditionnel. Ils indiquent également une réduction de 92 % des émissions de particules fines PM2.5 lors des essais réalisés sur leur dispositif.

Le système pourrait ainsi réduire fortement la quantité de biomasse nécessaire à la cuisson. D’après les données communiquées par les concepteurs, la consommation de combustible serait divisée par 3,5, avec une cuisson pouvant être deux fois plus rapide.

Un module solaire hybride complète le dispositif. Il doit permettre, selon ses promoteurs, de substituer dans certaines configurations la combustion par un stockage thermique à haute densité.

Une innovation qui touche aussi le quotidien des femmes

Au-delà de la performance énergétique, le projet porte une dimension sociale. Dans de nombreux foyers, les femmes restent au cœur de la préparation des repas et de la gestion du combustible.

L’Association des Femmes pour le Dynamisme Citoyen (ASFEDYC), qui a suivi les démonstrations, voit dans cette innovation un moyen de réduire le temps consacré à la collecte ou à l’achat du combustible.

« Quand une fille passe quatre heures par jour à chercher du bois ou à surveiller un feu toxique, c’est son avenir scolaire et économique qu’on lui vole », souligne l’association.

Pour Khadidja Ousman Gondjé, l’enjeu dépasse donc la conception d’un équipement. Il s’agit aussi de faire émerger des solutions technologiques adaptées aux réalités sahéliennes.

Du prototype à la production locale

La prochaine étape consiste désormais à passer du prototype à une production plus structurée. Le tandem envisage l’implantation d’une ligne d’assemblage à N’Djamena et la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement utilisant notamment des matériaux recyclés.

Le financement constitue désormais un enjeu majeur. Les concepteurs recherchent des partenaires capables d’accompagner cette phase d’industrialisation et de diffusion.

Pour l’heure, Khadidja Ousman Gondjé et Haran Nathan défendent une ambition simple : démontrer qu’une innovation conçue au Sahel peut répondre directement aux besoins énergétiques de ses populations, tout en contribuant à une cuisson plus propre et plus économe.

Thomas René pour Globe Infos « Le monde décrypté depuis le Gabon »

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