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La Compagnie nationale de transport (CNT) sort enfin de sa phase de gestation. Née de la fusion entre la Sogatra et la Trans’Urb l’entreprise publique vient en effet de publier sa première grille tarifaire interurbaine. Cette annonce marque ainsi une étape attendue dans la relance du transport terrestre au Gabon. Or, ce secteur a longtemps souffert de flottes vétustes et de dessertes irrégulières.
Une grille tarifaire pensée pour désenclaver l’intérieur du pays
Au départ de Libreville, plusieurs chefs-lieux provinciaux deviennent désormais accessibles. Les tarifs, à cet égard, sont fixes et clairement affichés. Ainsi, Lambaréné coûtera 5 000 francs CFA, tandis que Mouila sera à 8 000 francs et Lébamba à 10 000 francs. Makokou, Oyem et Tchibanga partagent quant à elles un même tarif de 12 000 francs CFA. Bitam, enfin, destination la plus excentrée de cette première offre, ferme la marche à 13 000 francs CFA.
Cette structuration tarifaire n’a d’ailleurs rien d’anodin. Elle rend en effet lisible et prévisible le coût du déplacement interurbain. Or, dans ce pays, l’essentiel du réseau routier converge vers la capitale. Les transporteurs privés, eux, pratiquent des prix qui varient souvent selon la demande, l’état des routes ou la saison. En fixant un tarif unique par destination, la CNT veut donc s’imposer comme une alternative fiable. Face à elle, subsiste néanmoins une offre informelle, jusqu’ici largement dominante.
Une flotte renouvelée et un dispositif de sécurité renforcé
Cette nouvelle grille s’accompagne par ailleurs d’un effort d’équipement conséquent. La compagnie annonce ainsi une flotte de 100 autobus de 66 places. À cela s’ajoutent 25 autocars de 28 places, dédiés aux liaisons interurbaines, ainsi que plusieurs véhicules logistiques pour le fret et l’appui opérationnel.
Parallèlement, l’État a également engagé la réhabilitation de l’ancienne base de la Sogatra. Ce site sert désormais de point d’ancrage logistique à la nouvelle compagnie. Un centre de gestion du trafic a par ailleurs vu le jour, un outil censé permettre un suivi plus fin des rotations. Sur le plan humain, en outre, la CNT a formé plus de 250 chauffeurs. Ce chiffre témoigne ainsi de l’ampleur du chantier engagé, puisqu’il s’agit de professionnaliser une activité longtemps exposée aux accidents et aux ruptures de service.
Des abonnements urbains pour le quotidien des Librevillois
Au-delà des liaisons interurbaines, la CNT structure également son offre en milieu urbain, à travers un système d’abonnements différenciés. D’abord, un pass urbain classique coûte 17 000 francs CFA. Ensuite, le public scolaire pourra compter sur un pass élève à 5 000 francs, tandis que les étudiants bénéficieront d’un tarif de 8 000 francs. Pour les familles, en revanche, la compagnie propose un pass à 35 000 francs CFA. Enfin, un pass social, baptisé GEF, descend jusqu’à 3 000 francs CFA pour les publics les plus vulnérables.
Cette gradation tarifaire dessine ainsi les contours d’une politique de mobilité résolument inclusive. Elle tente en effet de concilier viabilité économique de l’opérateur public et accessibilité pour les catégories de population les plus modestes.
Un test grandeur nature pour la relance du transport public
Reste toutefois à savoir si cette annonce se traduira, dans la durée, par un service réellement régulier et sécurisé. Par le passé, en effet, le transport interurbain gabonais a souvent souffert de promesses de relance restées sans lendemain. Pannes récurrentes, accidents, abandon progressif de certaines lignes : la CNT hérite ainsi d’un passif lourd. Elle hérite néanmoins aussi d’une attente forte. Pour une large partie de la population, en effet, le prix et la fiabilité du transport comptent double, puisqu’ils conditionnent l’accès à l’emploi, à l’éducation et aux soins dans les provinces.
L’entrée en service effective de ces nouvelles lignes constituera donc un premier test. La capacité de la compagnie à tenir ses engagements de régularité en sera le second. Ensemble, par conséquent, ils diront si cette fusion stratégique entre Sogatra et Trans’Urb tient ses promesses.
