Par Alphonsine pour Globe infos N’djamena 
À Entebbe, en Ouganda, des femmes venues de plus de vingt pays ont franchi un cap. Pendant deux jours, elles ont structuré une riposte collective face aux conflits persistants à travers le continent. Pourtant souvent reléguées en marge, elles s’imposent désormais comme des actrices stratégiques. À travers le réseau Connecting for Peace, elles redéfinissent les contours de la paix durable, entre plaidoyer, action de terrain et influence politique.
Structurer une puissance féministe transnationale
D’emblée, la rencontre a pris une tournure stratégique. L’initiative Connecting for Peace, portée par PeaceWomen Across the Globe, ne se limite plus à la mise en réseau. Elle vise désormais à structurer une véritable force d’influence.
Ainsi, les participantes ont croisé leurs expériences. Elles ont confronté leurs réalités de terrain. En parallèle, elles ont identifié des leviers communs pour renforcer leur impact. Cette dynamique collective marque une évolution nette : passer du témoignage à l’action coordonnée.
Des freins persistants, mais de moins en moins tolérés
Cependant, les obstacles restent nombreux. Dans plusieurs pays, l’accès des femmes aux sphères décisionnelles demeure limité. De plus, les normes sociales continuent de restreindre leur engagement.
Pourtant, les échanges ont révélé une détermination croissante. Les participantes refusent désormais ces contraintes comme une fatalité. Au contraire, elles élaborent des stratégies pour les contourner. Elles misent notamment sur le plaidoyer institutionnel et le renforcement des capacités locales.
Rendre visible l’invisible
Par ailleurs, la bataille de la visibilité s’impose comme un axe prioritaire. Trop souvent, les initiatives féminines restent sous-documentées. Elles peinent donc à influencer les politiques publiques.
En réponse, plusieurs pistes concrètes ont émergé. D’une part, renforcer la production de données et de récits. D’autre part, investir davantage les espaces médiatiques et numériques. L’objectif est clair : imposer la légitimité des femmes comme actrices incontournables de la paix.
Au cœur de la reconstruction sociale
Sur le terrain, leur rôle est déjà décisif. Dans des contextes fragilisés par les conflits armés ou les tensions communautaires, ces femmes agissent à plusieurs niveaux. Elles facilitent le dialogue. Elles accompagnent les victimes. Elles participent aussi à la réconciliation.
De ce fait, elles contribuent directement à restaurer le tissu social. Leur approche, souvent inclusive et ancrée dans les communautés, complète les mécanismes institutionnels classiques. Elle en corrige aussi les limites.
Changer d’échelle, peser durablement
Enfin, la rencontre d’Entebbé acte un changement d’échelle. Les participantes ne veulent plus seulement être consultées. Elles entendent désormais peser dans les processus décisionnels.
Dans cette perspective, le réseau entend consolider ses alliances. Il ambitionne aussi de renforcer sa présence dans les instances régionales et internationales. Cette montée en puissance traduit une ambition claire : inscrire durablement les femmes au cœur des architectures de paix.
À Entebbé, une certitude s’impose. La paix ne peut plus se construire sans celles qui, depuis des années, en posent les fondations dans l’ombre. Désormais, elles avancent à visage découvert, avec une stratégie, une voix et une exigence : celle d’être pleinement reconnues.

