Analyse de la rédaction de Globe infos.
Le football africain est-il à l’aube d’un séisme institutionnel sans précédent ? Alors que le Maroc doit déposer son mémoire de défense devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) ce 7 mai, l’ombre du Sénégal plane plus que jamais sur le trophée de la CAN 2025. Entre les accusations de « braquage administratif » portées par Dakar et la stratégie de défense méthodique de Rabat, la bataille pour la couronne continentale a quitté les pelouses de Rabat pour les bureaux feutrés de Lausanne. De l’imbroglio du 18 janvier aux coulisses d’une procédure juridique à rallonge, plongée exclusive au cœur d’un dossier explosif où se jouent la crédibilité de la CAF et le destin des Lions de la Teranga.
Litige Sénégal-Maroc au TAS :
En effet, c’est entre imbroglio juridique et séisme diplomatique pour le football continental que
L’Afrique du football retient son souffle. Alors que le Maroc s’apprête à déposer son dossier de défense devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) ce 7 mai, le conflit qui l’oppose au Sénégal concernant la finale de la CAN 2025 entre dans une phase décisive. Décryptage d’une bataille procédurale aux enjeux sportifs et politiques colossaux.
Le nœud du conflit : Du terrain au « tapis vert »
Tout a basculé le 18 janvier dernier à Rabat. Sur la pelouse, le Sénégal s’imposait (1-0) grâce à un but de Pape Gueye au terme d’une finale électrique, marquée par une interruption de 15 minutes et des décisions arbitrales contestées. Pourtant, c’est bien le Maroc qui a été couronné par la Confédération Africaine de Football (CAF), invoquant une victoire sur « tapis vert » suite au comportement de la délégation sénégalaise durant la rencontre.
Dénonçant ce qu’elle qualifie de « braquage administratif le plus grossier de l’histoire », la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a saisi le TAS le 25 mars dernier. L’objectif est clair : récupérer un titre acquis, selon Dakar, à la force des crampons.
La stratégie marocaine : Le refus de l’urgence
Face à l’offensive sénégalaise qui plaidait pour une procédure accélérée afin de trancher le litige avant le début des éliminatoires mondiaux, Rabat a choisi la temporisation. En refusant la procédure d’urgence, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), dirigée par Fouzi Lekjaa, impose un calendrier de « procédure ordinaire ».
L’enjeu du calendrier : Le Maroc a jusqu’au 7 mai pour soumettre ses conclusions techniques et juridiques.
La composition du panel : Un collège de trois arbitres indépendants sera constitué. Le Sénégal et le bloc Maroc/CAF nommeront chacun un arbitre, le troisième étant désigné par le TAS pour assurer la neutralité des débats.
Cette stratégie permet au Maroc de conserver, au moins symboliquement, son statut de champion d’Afrique lors de ses prochaines échéances internationales, notamment lors de la Coupe du Monde qui débute le 11 juin.
Les scénarios possibles : Une jurisprudence pour la CAF ?
La décision du TAS, attendue seulement dans plusieurs mois, pourrait créer un précédent historique pour la gouvernance du football continental. Trois issues se dessinent :
1. Confirmation de la décision de la CAF : Le Maroc conserve son titre. Ce serait une victoire pour l’instance faîtière du football africain, validant son autorité disciplinaire.
2. Rétablissement du Sénégal : Les Lions de la Teranga récupèrent leur couronne. Un désaveu cinglant pour la CAF qui fragiliserait la crédibilité de ses commissions de discipline.
3. Annulation et match à rejouer : Une option rare mais juridiquement possible si le TAS estime que l’équité sportive a été irrémédiablement rompue par l’arbitrage ou l’organisation.
Une diplomatie sportive sous haute tension
Au-delà du rectangle vert, ce dossier met à rude épreuve les relations entre deux nations phares du continent. La sortie médiatique de Fouzi Lekjaa le 3 avril dernier, assurant que le Maroc dispose d’arguments « convaincants et documentés », montre que Rabat ne compte rien céder sur le terrain juridique.
Pour le Sénégal, il s’agit de défendre l’intégrité de ses sportifs face à ce qui est perçu comme une injustice institutionnelle. Le directeur général du TAS, Matthieu Reeb, a promis une procédure garantissant le droit à un « procès équitable », mais le temps de la justice sportive est rarement celui de la passion des supporters.
À retenir : Même après le verdict du TAS, les parties conserveront un ultime recours devant le Tribunal fédéral suisse. La bataille de la CAN 2025 pourrait donc se prolonger bien au-delà de l’année 2026, laissant planer une ombre sur le palmarès officiel de la compétition.

